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Tome II.
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138 TROISIÈME DIALOGUE.

» ne sont ce pas des affaires quon assoupit , et» dont au bout de six mois il nest plus question ?a Que ce même homme soit volé , toute la police» est aussitôt en mouvement ; et malheur aux inno-» cents quil soupçonne ! Passe-t-il dans un lieu dan-» gereux > voilà les escortes en campagne ; lessieu» de sa chaise vient-il à rompre, tout vole à son se-» cours ; fait-on du bruit à sa porte , il dit un mot,» et tout se tait ; la foule lincommode-t-elle, il fait» un signe , et tout se range; Un charretier se trou-ve-t-il sur son passage , ses gens sont prêts à las-» sommer ; et cinquante honnêtes piétons , allant» à leurs affaires j, seroient plutôt écrasés quun fa-rt quin oisif retardé dans son équipage. Tous ces» égards ne lui coûtent pas un sou ; ils sont le droit» de lhomme riche , et non le prix de la richesse.« Que le tableau du pauvre est différent ! plus lhu-» manité lui doit , plus la société lui refuse. Toutes* les portes lui sont fermées , même quand il a len droit de les faire ouvrir; et, si quelquefois il ob-» tient justice , cest avec plus de peine quun autre» nobtiendroit grâce. Sil y a des corvées à faire ,« une milice à tirer, cest à lui quon donne la pré-v férence. Il porte toujours, outre sa charge , celle» dont son voisin plus riche a le crédit de se faire» exempter. Au moindre accident qui lui arrive ,« chacun séloigne de lui. Si sa pauvre charrette« verse , loin d'être aidé par personne , je le tiens» heureux sil évite en passant les avanies des gens» lestes dun jeune duc. En un mot, toute assistance» gratuite le fuit au besoin, précisément parce quil