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Tome II.
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TROISIÈME DIALOGUE. 147

m'avoient fait, achevèrent de méclaircir sur leursvrais motifs ; toute ma confiance en eux sévanouit,et je ne doutai plus que ce que sur leur parole ja-vois pris pour bienfaisance et générosité ne fût lou-vrage dune animosité cruelle, masquée avec artpar un extérieur de bonté.

Une autre réflexion renforçoit les précédentes.De si sublimes vertus ne vont point seules. Elles nesont que des branches de la vertu : je cherchons letronc et ne le trouvois point. Comment nos mes-sieurs, dailleurs si vains, si haineux, si rancuniers,savisoient-ils une seule fois en leur vie dêtre hu-mains , généreux , débonnaires , autrement quenparoles , et cela précisément pour le mortel, seloneux, le moins digne de cette commisération quils luiprodiguoient malgré lui? Cette vertu si nouvelle etsi déplacée eût mêtre suspecte, quand elle eût agitout a découvert sans déguisement, sans ténèbres :qu'en devois-je penser en la voyant senfoncer avectant de soin dans des roiites obscures et tortueuses,et surprendre en trahison celui qui en étoit lobjet,pour le charger malgré lui de leurs ignominieuxbienfaits?

Plus, ajoutant ainsi mes propres observations auxréflexions que vous maviez fait faire , je méditoissur ce même sujet, plus je métonnois de laveugle-ment javois été jusqualors sur le compte de nosmessieurs $ et ma confiance en eux sévanouit aupoint de ne plus douter de leur fausseté. Mais laduplicité de leur manœuvre et ladresse avec laquelleils cachoient leurs vrais motifs nébranlèrent pas à