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Tome II.
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TROISIÈME DIALOGUE. 149

de fastueuses déclamations , ornées de beau langage,mais décousues et pleines de contradictions, étoientdes choses profondément pensées et formant un sys-tème lié qui pouvoit nêtre pas vrai, mais qui nof-froit rien de contradictoire. Pour juger du vrai butde ces livres, je ne mattachai pas à éplucher ça etla quelques phrases éparses et séparées ; mais , meconsultant moi-même et durant ces lectures et en lesachevant, jexaminois, comme vous laviez désiré,dans quelles dispositions dâme elles me mettoientet me laissoient, jugeant, comme vous , que cétoitle meilleur moyen de pénétrer celle étoit lau-teur en les écrivant, et leffet quil sétoit proposéde produire. Je nai pas besoin de vous dire quaulieu des mauvaises intentions quon lui avoit prêtéesje ny trouvai quune doctrine aussi saine que simple,qui, sans épicuréisme et sans cafardage , ne tendoitquau bonheur du genre humain. Je sentis quunhomme bien plein de ces sentiments devoit donnerpeu dimportance à la fortuneetauxaffairesde cettevie : jaurois craint moi-même , en my livrant trop,de tomber bien plutôt dans lincurie et le quiétisme ,que de devenir factieux, turbulent et brouillon,comme on prétendoit qu étoit lauteur et quil vou-loit rendre ses disciples.

Sil ne se fût agi que de cet auteur, jaurois dès-lors été désabusé sur le compte de Jean-Jacques jmais cette lecture , en me pénétrant pour lun delestime la plus sincère, me laissoit pour lautredans la même situation quauparavant, puisquenparoissant voir en eux deux hommes différents vous

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