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Tome II.
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TROISIÈME DIALOGUE. 157

estime, et retardant peut-être ainsi leur décadencequils accélèrent par leurs fausses appréciations.Mais malgré ces distinctions si souvent et si forte-ment répétées, la mauvaise foi des gens de lettres,et la sottise de lamour-propre, qui persuade achacun que cest toujours de lui quon soccupe,lors même quon ny pense pas, ont fait que lesgrandes nations ont pris pour elles ce qui navoitpour objet que les petites républiques; et lon sestobstiné à voir un promoteur de bouleversements etde troubles dans lhomme du monde qui porte unplus vrai respect aux lois et aux constitutions natio-nales , et qui a le plus daversion pour les révolu-tions et pour les ligueurs de toute espèce, qui la luirendent bien.

En saisissant peu à peu ce système par toutes sesbranches dans une lecture plus réfléchie, je mar-rêtai pourtant moins dabord a lexamen direct decette doctrine , quà son rapport avec le caractèrede celui dont elle portoit le nom ; et, sur le portraitque vous maviez fait de lui, ce rapport me parutsi frappant, que je ne pus refuser mon assentiment àson évidence. D le peintre et l'apologiste de lanature , aujourd'hui si défigurée et si calomniée,peut-il avoir tiré son modèle , si ce nest de son pro-pre cœur ? Il la décrite comme il se sentoit lui-même. Les préjugés dont il nétoit pas subjugué,les passions factices dont il n'étoit pas la proie, nof-fusquoient point à ses yeux, comme à ceux desautres, ces premiers traits , si généralement oubliésou méconnus. Ces traits, si nouveaux pour nous27 . 14