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TROISIÈME DIALOGUE.
que l’application de ce qu’on en diroit fût si claire,que chacun la fît sur-le-champ. Depuis dix ans quel’on suit cette méthode, elle a produit plus d’effetque des outrages trop grossiers, qui, par cela seul,peuvent déplaire au public ou lui devenir suspects.C’est dans les entretiens particuliers, dans les cer-cles , dans les petits comités secrets, dans tous cespetits tribunaux littéraires dont les femmes sont lesprésidents, que s’affilent les poignards dont on lecrible sous son manteau.
On ne conçoit pas comment la diffamation d’unparticulier sans emploi, sans projet, sans parti,sans crédit, a pu faire une affaire aussi importanteet aussi universelle. On conçoit beaucoup moinscomment une pareille entreprise a pu paroître as-sez belle pour que tous les rangs, sans exception,se soient empressés d’y concourir per fus et nef as,comme a l’œuvre la plus glorieuse. Si les auteursde cet étonnant complot, si les chefs qui en ontpris la direction avoient mis à quelque honorableentreprise la moitié des soins , des peines, du tra-vail , du temps, de la dépense, qu’ils ont prodi-gués a l’exécution de ce beau projet, ils auroientpu se couronner d’une gloire immortelle à beau-coup moins de frais ( a ) qu’il ne leur en a coûté pouraccomplir cette œuvre de ténèbres , dont il ne peutrésulter pour eux ni bien ni honneur, mais seule-
(«) On me reprochera, j’en suis très-sûr, de me donner uneimportance prodigieuse. Ah I si je n’en avois pas plus aux yeuxd'autrui qu’aux miens, que mon sort seroit moins à plaindre !