216 TROISIÈME DIALOGUE.
secrètement, s’il est possible, en des mains vrai-ment fidèles et sûres. Je m’offre a partager avecvous les risques de ce dépôt, et je m’engage à n’é-pargner aucun soin pour qu’il paroisse un jour auxyeux du public tel que je l’aurai reçu, augmentéde toutes les observations que j’aurai pu recueillir,tendantes à dévoiler la vérité. Voilà tout ce que laprudence me permet de faire pour l’acquit de maconscience, pour l’intérêt de la justice, et pour leservice de la vérité.
Rouss. Et c’est aussi tout ce qu’il désire lui-même.L’espoir que sa mémoire soit rétablie un jour dansl’honneur qu’elle mérite, et que ses livres deviennentinutiles par l’estime due à leur auteur, est désor*
1 mais le seul qui peut le flatter en ce monde. Ajoutons-y de plus la douceur de voir encore deux cœurshonnêtes et vrais s’ouvrir au sien. Tempérons ainsil’horreur de cette solitude , où l’on le force (levivre au milieu du genre humain. Enfin, sans faireen sa faveur d’inutiles efforts, qui pourvoient causerde grands désordres, et dont le succès même ne letoucheroit plus, ménageons lui cette consolation,pour sa dernière heure, que des mains amiesluiferment les yeux.
FIN DU TROISIÈME ET DERNIER DIALOGUE.