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LES FOURMIS
bois et de feuilles qui sont apportés à chaque instant,donne une certaine consistance à l’édifice. Il s’élève dejour en jour; cependant les fourmis ont soin de laisserdes espaces vides pour ces galeries qui conduisent audehors; et comme elles enlèvent le matin les barrièresqu’elles ont posées à l’entrée du nid la veille, les conduitsse conservent, tandis que le reste de la fourmilières'élève. Elle prend déjà une forme bombée, mais on setromperait si on la croyait massive. Ce toit devait encoreservir sous un autre point de vue à nos insectes; il étaitdestiné à contenir de nombreux étages, et voici de quellemanière ils sont construits. Je puis en parler pour l’avoirvu au travers d’un carreau de verre que j’avais ajustécontre une fourmilière.
« C’est par excavation, en minant leur édifice môme,qu’elles y pratiquent des salles très spacieuses, fortbasses, à la vérité, et d’une construction grossière ; maiselles sont commodes pour l’usage auquel elles sont des-tinées, celui de pouvoir y déposer les larves et lesnymphes à certaines heures du jour. Ces espaces videscommuniquent entre eux par des galeries faites de lamême manière. Si les matériaux du nid n’étaient qu’en-trelacés les uns avec les autres, ils céderaient trop faci-lement aux efforts des fourmis, et tomberaient confusé-ment lorsqu’elles porteraient atteinte à leur ordre pri-mitif; mais la terre contenue entre les couches dont lemonticule est composé, étant délayée par l’eau des pluies,et durcie ensuite par le soleil, sert à lier ensemble toutesles parties de la fourmilière, de manière cependant àpermettre aux fourmis d’en séparer quelques fragmentssans détruire le reste. D’ailleurs, elle s’oppose si bien àl’introduction de l’eau dans le nid, que je n’en ai jamaistrouvé (même après de longues pluies) l’intérieur mouilléà plus d’un quart de pouce de la surface, à moins quela fourmilière n’eût été dérangée, ou ne fût abandonnéepar ses habitants. »