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Les fourmis / par Ernest André
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ENTREES ET PORTES

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Le dôme est percé de nombreuses ouvertures exté-rieures que les fourmis bouchent et débouchent à vo-lonté. « Ces portes étaient nécessaires, continue lluber,pour laisser une libre issue à cette multitude douvrièresdont leurs peuplades sont composées. Non seulementleurs travaux les appellent continuellement au dehors,mais, bien différentes des autres espèces, qui se tien-nent volontiers dans leurs nids et à labri du soleil, lesfourmis fauves semblent au contraire préférer vivre enplein air, et ne pas craindre de faire en notre présencela plupart de leurs opérations.

« Les fourmis fauves, établies en foule pendant le joursur leur nid, ne craignent pas dêtre inquiétées audedans ; mais le soir, lorsque, retirées dans le fond deleur habitation, elles ne peuvent sapercevoir de ce quise passe au dehors, comment sont-elles à labri desaccidents dont elles semblent menacées? comment lapluie ne pénètre-t-elle pas dans cette demeure ouvertede toutes parts? Ces questions si simples ne paraissentpoint avoir occupé les naturalistes. Nont-ils donc pasprévu les résultats auxquels ces fourmis auraient été ex-posées, si la sagesse qui règle lunivers neût pris soinde leur sûreté? Frappé de ces réflexions lorsque job-servai pour la première fois les fourmis fauves, je portaitoute mon attention sur cet objet, et mes doutes ne tar-dèrent pas à se dissiper.

« Je m'aperçus que laspect de ces fourmilières chan-geait dune heure à lautre, et que le diamètre de cesavenues spacieuses, tant de fourmis* pouvaient serencontrer à la fois, au milieu du jour, diminuait gra-duellement jusquà la nuit. Leur ouverture disparaissaitenfin; le dôme était fermé de toutes parts, et les lourmisretirées au fond de leur demeure. Cette première obser-vation, en dirigeant mes regards sur les portes de cesfourmilières, éclaircit infiniment mes idées sur le travail