ENTREES ET PORTES
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Le dôme est percé de nombreuses ouvertures exté-rieures que les fourmis bouchent et débouchent à vo-lonté. « Ces portes étaient nécessaires, continue lluber,pour laisser une libre issue à cette multitude d’ouvrièresdont leurs peuplades sont composées. Non seulementleurs travaux les appellent continuellement au dehors,mais, bien différentes des autres espèces, qui se tien-nent volontiers dans leurs nids et à l’abri du soleil, lesfourmis fauves semblent au contraire préférer vivre enplein air, et ne pas craindre de faire en notre présencela plupart de leurs opérations.
« Les fourmis fauves, établies en foule pendant le joursur leur nid, ne craignent pas d’être inquiétées audedans ; mais le soir, lorsque, retirées dans le fond deleur habitation, elles ne peuvent s’apercevoir de ce quise passe au dehors, comment sont-elles à l’abri desaccidents dont elles semblent menacées? comment lapluie ne pénètre-t-elle pas dans cette demeure ouvertede toutes parts? Ces questions si simples ne paraissentpoint avoir occupé les naturalistes. N’ont-ils donc pasprévu les résultats auxquels ces fourmis auraient été ex-posées, si la sagesse qui règle l’univers n’eût pris soinde leur sûreté? Frappé de ces réflexions lorsque j’ob-servai pour la première fois les fourmis fauves, je portaitoute mon attention sur cet objet, et mes doutes ne tar-dèrent pas à se dissiper.
« Je m'aperçus que l’aspect de ces fourmilières chan-geait d’une heure à l’autre, et que le diamètre de cesavenues spacieuses, où tant de fourmis* pouvaient serencontrer à la fois, au milieu du jour, diminuait gra-duellement jusqu’à la nuit. Leur ouverture disparaissaitenfin; le dôme était fermé de toutes parts, et les lourmisretirées au fond de leur demeure. Cette première obser-vation, en dirigeant mes regards sur les portes de cesfourmilières, éclaircit infiniment mes idées sur le travail