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LES FOURMIS
hâte, d'une façon très sommaire. Tantôt quelques gale-ries grossièrement creusées au pied ou entre les racinesd’un arbre leur servent de retraite, tantôt les feuillessèches, les débris végétaux, le creux d’un rocher, le des-sous d’un pont leur fournissent un campement momen-tané, que la tribu abandonne bientôt pour poursuivre sa* course à travers les sentiers giboyeux de la forêt vierge.
En dehors de ces demeures temporaires que n’habitentjamais les mâles et les femelles, les Eciton possèdent-ilsun véritable domicile, caché à tous les regards, où s’opèrele grand acte de la reproduction, où s’élèvent les petits,et où reviennent de temps en temps les hordes voyageuses,pour se retremper aux douceurs de la vie de la famille?c’est ce que nous ignorons encore. Belt prétend que lesnourrices emportent larves et nymphes dans leurs péré-grinations, et que pendant les haltes de la colonne, elless’accrochent les unes aux autres, comme un essaimd’abeilles, et ménagent au milieu de leur masse com-pacte, en même temps que des galeries de communica-tion avec le. dehors, une cavité interne suffisante pourrecevoir la couvée qui serait ainsi nourrie et soignée,dans ce nid animé, par une partie des ouvrières prépo-sées à ce service.
Une confirmation de ce fait, tout étonnant qu’il puisseparaître, nous est fournie par Sumichrast, qui a surprisun jour, au Mexique , un amas considérable tYEciton ag-glomérés en essaim et gardant la plus parfaite immobi-lité. Les ayant dispersés de. vive force, il aperçut, à laplace qu’ils occupaient, un grand nombre de petites larvesblanches qu’il considéra comme le produit du pillage dequelque fourmilière voisine, amassé pour servir de nour-riture aux déprédateurs. Cette explication me paraît moinsrationnelle que celle de Belt, et, puisque la formation desessaims est confirmée par le naturaliste, mexicain, j’aimemieux les considérer comme un nid vivant que. commeun simple magasin de vivres.