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LES FOL H11IS
Ces ardents chasseurs, qu'on supposerait doués d'unevue perçante, pour poursuivre et attaquer un gibieragile et défiant, sont, au contraire, privés des yeux àréseau que possèdent la plupart des fourmis. A la placeoccupée ordinairement par ces organes, on voit seule-ment deux petites ocelles ou yeux lisses qui font mêmecomplètement défaut chez deux ou trois espèces. Cettecirconstance confirme ce que nous savons déjà de l'im-portance secondaire de la vue chez les fourmis eu gé-néral, et de son remplacement par l’odorat, compliquépeut-être de ce sens particulier dont la nature nouséchappe, bien que ses manifestations soient évidentes,si l'on n’a pas oublié la merveilleuse faculté de reconnais-sance possédée par ces petits êtres et que toute autrehypothèse est impuissante à expliquer.
Si nous voulons assister au spectacle d'une expéditionde chasse, transportons-nous par la pensée dans uneforêt de la Guyane ou du Brésil , à l'heure où le soleilsur son déclin permet au voyageur de se mettre en roule,sans avoir à redouter les ardeurs mortelles de ses rayonsperpendiculaires. Un bruit insolite vient d’attirer notreattention : c’est le cri d’un oiseau insectivore, de la grivedes fourmis, comme disent les naturels. Son vol inquiet,ses allées et venues nous avertissent de nous tenir surnos gardes. Ne négligeons pas cet avis salutaire et écar-tons-nous de quelques pas, car c’est une colonne dechasseresses qui s’avance, et malheur à l'imprudent quise trouverait sur son passage et se laisserait envahir parcette armée aux tenailles vigoureuses et au dard acéré!Imitons la sage prudence du monde des articulés, quifuient de. tous côtés, animant de leur agitation la place quitout à ,1’heure paraissait déserte. C’est, de la part de toutêtre vivant, un sauve-qui-peut général. Les araignées,les blattes, les larves pesantes et jusqu'aux petits ser-pents, quittent à la hâte les fissures du sol qui les re-celaient ou les feuilles sèches qui les abritaienl, pour se