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LES FOURMIS
cupe, c’est le puceron qui offre lui-même son lait, surle désir manifesté par les solliciteuses.
Quand une fourmi éprouve le besoin de boire, ellechoisit son puceron et lui fait comprendre, en lui tou-chant délicatement l’abdomen par des mouvements trèsvifs et alternatifs de ses deux antennes, qu’il ait à luiservir son repas. Le puceron aussitôt fait sortir la gout-telette désirée, et la fourmi, après l’avoir absorbée, varecommencer le même manège auprès d’une autre vachelaitière, puis d’une troisième et ainsi de suite, jusqu’àce qu’elle soit rassasiée. Il est rare que les pucerons re-fusent le nectar réclamé, et ce cas n’arrive guère quelorsqu'ils sont épuisés par des sollicitations trop fré-quentes ; il leur faut alors un certain temps de repospour pouvoir se prêter à une nouvelle traite. On a re-marqué que la sortie du liquide sucré ne se fait pas dela même manière quand il est offert aux fourmis ouquand il est rejeté naturellement. Dans le premier cas,la goutte est présentée délicatement, taudis que, dans lesecond, elle est expulsée par un mouvement brusque etprojetée assez loin sur les feuilles environnantes.
Il est probable que la visite des fourmis doit êtreagréable aux pucerons, et que ce n’est pas seulementpar soumission et par obéissance qu’ils se prêtent ainsiaux désirs de ces dernières. Cependant il est bien diffi-cile de se prononcer à cet égard, et surtout de serendre compte de la nature de la satisfaction qu’ilspeuvent retirer de leurs rapports avec elles. Darwin,ayant essayé d’imiter les caresses antennales, en cha-touillant très légèrement des pucerons de l’oseille avecun cheveu fin, u’obtint aucun résultat, tandis qu’unefourmi, qui vint immédiatement après, fut au contrairepleinement satisfaite. Le grand naturaliste n’avait pro-bablement pas su faire vibrer la corde sensible, et lepuceron était resté sourd à ses sollicitations.
Si toutes les fourmis se bornaient à aller traire leur