ETABLES AÉRIENNES
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bétail sur place, sans faire à son égard acte de proprié-taires et de maîtres attentifs, elles ne mériteraient pasle nom de peuple pasteur que leur a donné Iluber.Aussi, là ne se bornent pas leurs relations avec leursvaches laitières, et beaucoup d’entre elles construisent,comme je l’ai déjà dit, des étables pour renfermer cesanimaux précieux et s'en réserver complètement les pro-duits. Mais l’internement des pucerons n’est pas aussiaisé à réaliser qu’on pourrait se le figurer tout d’abord.S’il ne se fût agi que de les prendre un à un pour lestransporter dans l’une des cases de la fourmilière con-vertie en étable, la chose eût été facile; mais commentnourrir celles de ces bestioles qui sucent la sève desplantes vivantes, en se fixant aux feuilles ou aux jeunesrameaux plus ou moins élevés. Il semblait y avoir, sousce rapport, incompatibilité absolue entre le logis souter-rain des fourmis et la demeure aérienne nécessaire auxpucerons. Le problème a été cependant résolu par nosintelligents pasteurs, experts à tourner les difficultés. Siun arbuste à pucerons existe à côté de la fourmilière,les architectes construisent le long de sa tige des gale-ries maçonnées, enfermant complètement les puceronset communiquant par la base avec l’habitation souter-raine. C’est ainsi qu’agissent souvent certains Lasius etla plupart des Myrmica. Le couloir de maçonnerie est-ilinsuffisant? on élargit son extrémité supérieure en formede case ou de pavillon, et voilà une maison suspendue,pouvant contenir une nombreuse famille, et se trouvanttout à fait à l’abri des dangers du dehors. Ce logementaérien sera même utilisé pour procurer aux larves, à cer-taines heures du jour, une température plus chaude quecelle de l’intérieur du nid, et ainsi les peines des tra-vailleurs recevront un double salaire. Dans le cas où au-cune plante à pucerons n’existerait dans le voisinageimmédiat de la fourmilière, un tunnel ou un chemincouvert va rejoindre l’arbre le plus voisin et se continue