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LES FOURMIS
dans la prairie environnante, et. grimpant sur les plantesappartenant surtout à la famille des Composées, ils choi-sissent de préférence les Heurs déjà flétries. On voit alorsles moissonneuses arracher les pétales, puis en détacherles graines adhérentes à leur base, et emporter leur ré-colte à la fourmilière. Mac Cook a étudié leurs procédéssur une tête de tournesol sauvage qu'il avait placée prèsde leur nid. Les fourmis commençaient par abaisser, aumoyen de leurs pattes antérieures, les pétales desséchés,et en les maintenant dans cette position, elles les déta-chaient du disque, en en tiraillant et incisant la hase avecleurs mandibules. Cette première opération achevée, ellesdégageaient le grain des parties inutiles et l'emmaga-sinaient dans les greniers.
Il existe un grand nombre d’autres fourmis granivores,dont le régime est connu, mais qui n’ont pas donné, lieuà des études aussi suivies que les précédentes. Tels sontles Pheidole, les Holcomyrmex exotiques, et d’autresencore. Certaines espèces qui, dans nos climats, ne fontpas de provisions, deviennent plus prévoyantes en s'a-vançant vers l’équateur, et c’est ainsi que j’ai constaté,d’après de sérieuses indications, que le Tetramorinmcœspitum, dont les fourmilières, si répandues chez nous,ne renferment pas de graines, établit eu Algérie desgreniers bien approvisionnés.
Toutes les fourmis que je viens d'énumérer ne sont quedes glaneuses ou des moissonneuses; il me reste mainte-nant à parler de la véritable fourmi agricole, qui, nonseulement récolte son grain, mais encore cultive sonchamp, le soigne et l’entretient, comme pourrait le fairele laboureur le plus consciencieux. Cet insecte américainappartient encore au genre Pogonomyrmex, et nous devonsla connaissance de ses mœurs d'abord à Buekley et à Lin-cecum, puis surtout au Rév. Mac Cook, de Philadelphie ,qui n'a pas hésité à faire un voyage au Texas , dans le butunique d’étudier les habitudes de ces curieux agriculteurs.