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17 (1830) Lettres de la montagne / de J.J. Rousseau ; mises dans un nouvel ordre avec des notes historiques, et des éclaircissements; par V.D. Musset-Pathay
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LETTRES

Le magistrat est, toujours juge des ministres entout ce qui regarde le civil, jamais en ce qui re-garde le dogme; cest le consistoire. Si le Conseilprononçoit les jugements de lÉglise, il auroit ledroit dexcommunication; et, au contraire, sesmembres y sont soumis eux-mêmes. Une contradic-tion bien plaisante dans cette affaire est que je suisdécrété pour mes erreurs, et que je ne suis pas ex-communié. Le Conseil me poursuit comme apostat,et le consistoire me laisse au rang des fidèles ! Celanest-il pas singulier ?

Il est bien vrai que sil arrive des dissensions entreles ministres sur la doctrine, et que, par lobstina-tion dune des parties , ils ne puissent saccorder nientre eux ni par lentremise des anciens , il est dit,par larticle xvm, que la cause doit être portée aumagistrat pour y mettre ordre.

Mais mettre ordre à la querelle nest pas déciderdu dogme. Lordonnance explique elle-même le motifdu recours au magistrat ; cest lobstination dunedes parties. Or, la police dans tout létat, linspec-tion sur les querelles, le maintien de la paix et detoutes les fonctions publiques, la réduction desobstinés, sont incontestablement du ressort du ma-gistrat. Il ne jugera pas pour cela de la doctrine,mais il rétablira dans lassemblée lordre convenablepour quelle puisse en juger.

Et quand le Conseil seroit juge de la doctrine eudernier ressort, toujours ne lui scroit-il pas permisdintervertir lordre établi par la loi, qui attribueau consistoire la première connoissance en ces ma-