PREFACE.
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JLiifCOBE un voyage en Suisse , dira-t-on peut-être, tandis que des voyageurs re-nommés nous ont déjà fait connaître, à satiété, ce pays pittoresque et les mœursde ses habitans, par des ouvrages, qui ornent la plupart des bibliothèques!.
Cette réflexion en effet m’effraya un instant ; mais bientôt rassuré, je pensaisque la relation véridique et naïve d’un voyageur piéton ayant ses tablettes et lecrayon à la main, pouvait encore intéresser par une originalité piquante, quiamuse et instruit sur bien des détails, qui échappent d’ordinaire, aux voyageursplus amis de leur commodité.
Quel est,l’homme, qui ne verrait avec plaisir le plus beau et le plus imposantspectacle que la nature nous offre ; ces colosses blancs entasses les uns sur les au-tres, qui élèvent majestueusement leur tète glacee, à des milliers de pieds au-des-sus des nues; où l’on trouve ces énormes masses de neige et de glace éternellesqui dominent des terrains couverts des productions végétales les plus variées, en-trecoupées de précipices affreux, au fond desquels coulent ou se jettent, avec un fra-cas épouvantable, ces eaux limpides qui forment la source de plusieurs fleuves del’Europe ; ces mœurs, cette vie simple, joyeuse et hospitalière des patres, qui sontaussi attachés à ces effroyables contrées qua leur liberté, et mille autres choses, quidepuis long-temps m’avaient fait désirer le bonheur de pouvoir visiter ces lieux.Le moment favorable enfin se présente. Ma première idée fut de chercher un com-pagnon de voyage: propositions, invitations publiques, démarches, tout était inu-tile. Je n’étais cependant pas intentionné de faire cette tournée a grands frais, loindelà! l’occasion des disciples de St.-François m’a toujours paru la plus amusante