PROMENADE
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oi une -vingtaine de cadavres plus ou moins défaits, reposant contre les murs-,en differentes positions ; plusieurs étaient encore pourvus de lambeaux de vête-ments, d autres qui paraissaient le plus nouvellement arrivés avaient les yeux ou-verts , triste vue pour le voyageur , non assuré si demain il ne fera partie deces terribles ornemens : en effet ce sont bien là les cadavres d'autant de mal-heureux péris dans la traversée , par le climat, les avalanches ou éboulemens.Cette barraque contient un autre cabinet, où on dépose les restes des ecclésias-tiques , car il ne se trouve pas une verge de terre à trois lieues de l’hospicepour servir de cimétière. Les cadavres n’y pourrissent pas, mais ils dessèchent •aucun ver, aucune mouche ne se trouve à cette latitude. Derrière le°Iiseest un petit emplacement carre , en plein air également rempli d’ossemens hu-mains : je compte qu’il s’en trouve de 5oo personnes. Le froid glacial nous for-çait à entrer dans l'église. Les chanoines placés au chœur y chantaient ; èlleest très-propre , même jolie , assez grande pour contenir deux à trois cents per-sonnes , décorée de tableaux et le plafond orné de peintures à l’huile assez vieillesqui paraissent bien fraîches ; on y compte quatre autels, mais, son principalornement est à droite en entrant, le tombeau du général Desaix , tué au mo-ment de gagner la bataille de Marengo. Le monument est en marbre blanc , legénéral est couché, soutenu par un hussard; un domestique tient le cheval, on y lit :
A DESAIX, MORT A LA BATAILLE DE MARENGO.
Un tronc se trouve dans l’église, où les voyageurs peuvent mettre l’offrande ; pé-nétré de l’accueil qu’on y reçoit, je crois qu’il ne s’en trouve pas , qui n’y déposentau moins la valeur de ce qu’ils y profitent ; cependant personne ne vous indiquece moyen de satisfaire , et ces offrandes ne sont que celles que le cœur y porte.Nous entrâmes à la salle , on y servit le déjeuner , du café au la t, du sucredes tranches de pain grillées et de l’excellent beurre. Après quoi le prieur ,homme complaisant et affable, conduisit un voyageur de distinction, dans l’in-térieur de l'établissement, par cette occasion je vis les cellules qui toutes donnentdans une allée étroite, rechauffée par un tuyau conduit le long de la muraille ;puis la bibliothèque , assez bien fournie et le cabinet d histoire naturelle , oùl’on voit les oiseaux et les papillons qui voltigent dans les environs du mont. *Des figures antiques romaines , en bronse etc. trouvées au mont, des médailleset monnaies anciennes, dont une en .or ; la cupidité se porte jusques dans ceheu saint, le prieur nous racontait qu’une deuxième médaille en or leur avait
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