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passeport au portier , qui me conseillait d’aller loger a la Clef d’Or , bon logisà bon compte. Je trouvais cette Clef, y demandais place , donnais mes effetsà laver, et ce ne fut qu’après toutes ces choses faites , que je vis , que je n’a-vais pas ce qu’il me fallait à la Clef d’Or , il fallut prendre patience. Je trou-vais dans cette maison un fourrier au service des Pays-Bas, qui était ici en per-mission. Je fis connaissance avec ce jeune militaire ; il pouvait m’être utile. Ume parut que la fille de la maison était cause de sa présence ici. Après unecourse dans, la ville , je reviens souper au logis. On me donne du vin quandj’ai demandé de la bierre, ce qui me chagrine ; on est si mal ici qu’il soit pos-sible de l’être ; et si mes effets n’étaient pas portés à laver et à racommoder , j’eusdécampé à la minute. Me promenant au soir, le bruit que j’entendis dansun cabaret, m’y attirait : ce n’était autre chose qu’un vieux sous-officier en con-versation avec l’hotésse ; un conscrit parut être sous la tutelle du premier, et maprésence ne les interrompit pas une minute. Rentré au logis je m’y amusais àvoir les tours de passe-passe de la fille , non pas avec le fourrier, mais avec unsergent. Après quoi on me désignait pour logis une chambre à trois lits, dontl’un était occupé par un allemand qui me contait sa mauvaise situation pécu-niaire. Ce serait déjà assez de dépeindre mon appartement, ses ap- et dépendances,quand même je ne dirais pas, que je crus toutes les puces de Berne en rendez-vous dans ma couchette , où je m’étais mis en pantalon. Malgré cetteprécaution, la canaille diabolique m’attaquait pendant toute la nuit de telleforcé , qu’il me fut impossible de reposer un quart d’heure. Enfin parut lejour. Je ne tardais pas de descendre avec armes et bagages , déjeunais au théen attendant mes effets que j’avais exigés et qui n’arrivaient pas. J’allais à laposte retirer une lettre que j’y attendais. Le fourrier étant arrivé, je lui deman-dais à aller avec moi chez la laveuse, où la servante me conduisit. Quand jevis mes effets je payais la servante et la congédiais. Cette laveuse habitait unappartement, et était très-gaie et enjouée, tandis que le fourrier s’amusait àfaire la causette avec elle, je mis propre chemise, pantalon etc.; cette toilettese fit derrière le lit. J’y laissais les pièces que je venais de quitter pour lesavoir lavées au soir, et nous allâmes à l'Ours , auberge faisant le coin près lagrande horloge , où je fus très-bien logé. La servante jeune paysanne au costu-me du pays , était assez gaie ; mes moustaches la déplurent. Toutes les personnesdes classes inférieures, tiennent le costume du pays; les moyennes ont la tètetournée comme ailleurs; il leur faut les modes françaises.