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Promenade aux Alpes / C. A. Snoeck
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AUX ALPES .

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passeport au portier , qui me conseillait daller loger a la Clef dOr , bon logisà bon compte. Je trouvais cette Clef, y demandais place , donnais mes effetsà laver, et ce ne fut quaprès toutes ces choses faites , que je vis , que je na-vais pas ce quil me fallait à la Clef dOr , il fallut prendre patience. Je trou-vais dans cette maison un fourrier au service des Pays-Bas, qui était ici en per-mission. Je fis connaissance avec ce jeune militaire ; il pouvait mêtre utile. Ume parut que la fille de la maison était cause de sa présence ici. Après unecourse dans, la ville , je reviens souper au logis. On me donne du vin quandjai demandé de la bierre, ce qui me chagrine ; on est si mal ici quil soit pos-sible de lêtre ; et si mes effets nétaient pas portés à laver et à racommoder , jeusdécampé à la minute. Me promenant au soir, le bruit que jentendis dansun cabaret, my attirait : ce nétait autre chose quun vieux sous-officier en con-versation avec lhotésse ; un conscrit parut être sous la tutelle du premier, et maprésence ne les interrompit pas une minute. Rentré au logis je my amusais àvoir les tours de passe-passe de la fille , non pas avec le fourrier, mais avec unsergent. Après quoi on me désignait pour logis une chambre à trois lits, dontlun était occupé par un allemand qui me contait sa mauvaise situation pécu-niaire. Ce serait déjà assez de dépeindre mon appartement, ses ap- et dépendances,quand même je ne dirais pas, que je crus toutes les puces de Berne en rendez-vous dans ma couchette , je métais mis en pantalon. Malgré cetteprécaution, la canaille diabolique mattaquait pendant toute la nuit de telleforcé , quil me fut impossible de reposer un quart dheure. Enfin parut lejour. Je ne tardais pas de descendre avec armes et bagages , déjeunais au théen attendant mes effets que javais exigés et qui narrivaient pas. Jallais à laposte retirer une lettre que jy attendais. Le fourrier étant arrivé, je lui deman-dais à aller avec moi chez la laveuse, la servante me conduisit. Quand jevis mes effets je payais la servante et la congédiais. Cette laveuse habitait unappartement, et était très-gaie et enjouée, tandis que le fourrier samusait àfaire la causette avec elle, je mis propre chemise, pantalon etc.; cette toilettese fit derrière le lit. Jy laissais les pièces que je venais de quitter pour lesavoir lavées au soir, et nous allâmes à l'Ours , auberge faisant le coin près lagrande horloge , je fus très-bien logé. La servante jeune paysanne au costu-me du pays , était assez gaie ; mes moustaches la déplurent. Toutes les personnesdes classes inférieures, tiennent le costume du pays; les moyennes ont la tètetournée comme ailleurs; il leur faut les modes françaises.