2.4 de 1 A Distribution
le remarque dans bien des Villes d’Allemagne, produisent un aussibon effet : on diroit des especes de déserts en comparaison decelles dont l’usage est contraire.
§. I. De la maniéré de paver les rues.
I l n'est pas besoin d’insister beaucoup sur la nécessité de paverles rues & de solider leur sol. On remarque que les Villes qui nejouissent pas de cet avantage , font à peine praticables dans decertains tems : en été la poussière aveugle pour peu qu’il fasse duvent : en hiver, lorsqu’il pleut, cette poussière se convertit en uneboue épaisse’, de sorte qu’il est presque impossible d’aller dans lesrues autrement qu’k cheval ou en voiture,
Les rues de l’ancienne Rome, ainsi que toutes ces voies mili-taires si vantées dont il subsiste des parties très-bien conservées,quoiqu’exécutées depuis plus de deux mille ans, étoient de grandspavés d’environ vingt pouces en quarré , assis fur un massif debriques k-peu-près de trois pieds d’épaiffeur, Les Villes de Naples,de Florence &c de Constantinople, font pavées ainsi : le premierpavé de la Ville de Paris, dont Gérard de Poissy , ce généreuxcitoyen, sit la dépense fous le régné de Philippe Auguste, étoic depierre de quatre k cinq pieds de longueur, & de neuf h dix poucesd’épaiffeur. Ces grands pavés font k la vérité solides & commodespour les gens de pied, & la boue ne s’y attache pas facilement ; maisbien qu’on affecte de les piquer par-deffus, ils ne font pas avan-tageux pour les chevaux : en traînant des fardeaux, ils ne peuventy Atipper leurs pieds avec facilité, de forte qu’ils font sujets kglisser & à se casser les jambes.
Les rues de Rome moderne font au contraire garnies de petitspavés enchâssés dans des formes de gros, ce qui produit des espe-ces de compartimens capables a la bonne heure de faire un coupd’œil, mais qui procurent nécessairement peu de solidité pourrésister aux charges des voitures.
Les Villes de Madrid &de Londres ne font pas, non plus, pavées
convenablement: