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possible d’indiquer d’autres causes de l’agrément qu’on y trouve,qu une forte d’habitude (a) ; d’où il résulte , suivant lui, que lesbeautés qu’on remarque dans l’Architecture, n’étant pas absolu-ment positives, on peut se permettre quelques légers changemens,en usant toutefois de cette permission avec beaucoup de circons-pection , & sans altérer les masses générales. II y a lieu de croireque ce que dit cet Architecte, ess la véritable raison pour laquelleon trouve si peu d'uniformité dans les ouvrages antiques, & pour-quoi on a tant discuté sans s’entendre. On s’est imaginé que lesanciens avoient un système suivi de proportions qui n’existe pas:chacun a voulu commenter une chose imaginaire, & voilà d’où-vient personne ne s’est rencontré. II en étoit des Architectes Grecs6c Romains, comme de la plupart des modernes ; chacun avoitfa méthode, ajoutoit ou diminuoit dans les proportions, ou bienadoptoit quelque système connu , suivant qu’il le jugeoit convena-ble pour la perfection de son édifice.
Mais ce n’est pas seulement sur la proportion particulière dechaque ordre que l’on discute depuis long-tems; on n’estpas plusd’accord fur celle que l’on doit donner, soit aux ordres , soit auxdivers membres d’Architecture, suivant qu’ils font plus ou moinséloignés de la vue. II y a nombre d’Architectes modernes qui pen-sent que,quand bien même on parviendroit à fixer les proportionsdes ordonnances d’Architecture , il faudroit nécessairement leschanger quelquefois relativement à leur position ; attendu qu’unordre de peu de diamètre ou colossal, élevé soit au rez-de-chaus-sée, soit au second, soit au troisième étage , doit être différem-ment proportionné pour faire son effet. Scamozzi, Boffrand &plusieurs autres font de ce sentiment. Dans le même ouvrage quenous avons cité ci-devant, Perrault agite aussi beaucoup cettequestion : il soutient qu’il n’y a pas dans l’antiquité d’exemple dela pratique de cette réglé du changement de proportion, à cause
(a) Page X de la Préface.