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des différens aspects plus ou moins élevés ; & que s’il s’en rencontre,il ne faut pas croire qu’elles aient été faites par des raisons d’op-tique, mais seulement par hasard. II cite à cette occasion une fouled’exemples tirés des bâtimens les plus approuvés de l’antiquité, &fait voir que dans les mêmes points de vue, souvent leurs propor-tions font différentes , & au contraire pareilles dans des aspectstout opposés.
De-là cet Architecte entre dans les détails des raisons pour les-quelles il ne faut point changer de proportions, & prouve que lavûe est accoutumée de suppléer les proportions des choses entierespar le jugement, & que comme le jugement ne manque jamaisde rectifier les effets désavantageux que l'on imagine que l'éloi-gnement & les différentes situations font capables de produire,c’est une précaution tout-à-fait inutile que de vouloir y apporterremede. II va jusqu’à faire voir que , quand bien même ce qu’ilavance, ne seroit pas certain, il ne s'ensuivroit pas que le chan-gement des proportions fût un moyen efficace pour empêcherque l’éloignement des objets & leur situation ne nous trompe ;parce qu’alors ces proportions changées, ne pourroient avoir d’as-pect agréable qu’à une certaine distance déterminée, & seulementen supposant que le Spectateur ne changeât pas de position pourregarder un édifice. Hors de-là, dit-il, elles paroîtroient vicieuses,à l'exemple de ces figures d’optique dont les dimensions fonttellement compassées,que vues d’un certain endroit, elles font unbon effet, & paroissent au contraire difformes, dès que l’cçil est dé-placé (a). II conclut enfin qu’il n’y a point de raison qui puisseobliger de changer les proportions relativement aux différens as-pects, & que dans les occasions où le changement des proportionspeut avoir lieu , comme lorsqu’il s’agit de placer une statue co-lossale fur un endroit élevé, ou lorsqu’on ne veut pas donner beau-coup de faillie à une corniche, & dans quelqu’auçre cas semblable,
(a) Ordonnance des cinq especes de colonnes , pag, 107.’