Buch 
Mémoires sur les objets les plus importans de l'architecture / par M. Patte ...; ouvrage enrichi de nombre de planches gravées en taille-douce
JPEG-Download
 

de t’ Architecture. 79

cela se sait par des raisons de convenance, & non par aucune rahson d’optique.

Ces raisons de Perrault font d’autantplus judicieuses que, si l'onvouloir avoir véritablement égard aux principes d’optique, par les»quels les objets parodient de différentes grandeurs, à proportionde la différence de l’angle qu’ils forment dans l’ceil, il s’ensuivroicque, lorsqu’on met trois ordres l’un fur l’autre , supposé qu’unecolonne dorique placée au rez-de-chauffée eût vingt-quatre piedsd’élévation , il faudroit, suivant cette réglé, pour que la Corin-thienne parût de même hauteur, la rendre gigantesque,& lui don-ner près de vingt-huit pieds de longueur, ce qui est absurde, parcequ’alors les parties supérieures de l’édifice seroient beaucoup plusgrandes que les inférieures, Sc que ce seroit le foible qui porte-roit le sort. Ainst ces raisons d’optique, pour empêcher la diminu-tion des objets élevés, ne méritent aucune considération, attenduque le jugement Sc l’habitude redressent ordinairement le sens dela vue. De même que, quand nous nous promenons dans une lon-gue avenue qui nous paroít plus petite à l’extrêmité , nous ju-geons par notre maniéré de voir ordinaire, qu’elle est par-toutd’une largeur égale ; de même aussi, quand nous regardons un objetélevé , nous apprécions fa grandeur réelle à raison de son éléva-tion, Sc par comparaison avec ce qui le supporte ou l’environne.C’est évidemment contrarier les procédés de la nature que de vou-loir que ce qui est éloigné de la vue, soit énoncé de maniéré knous paroître de même proportion que s’il en étoit proche. Par-tout nous ne voyons que des raccourcis, des objets qui fuyent ouqui diminuent relativement k leur éloignement de l’ceil ou à leursituation. Prétendre que la vraie beauté de l’Architecture peut danscertain cas consister à se soustraire à cette loi générale, est uneabsurdité manifeste.

Ce n’est pas, encore un coup, qu’on ne doive avoir égard auxsaillies des corps les uns fur les autres, afin d’élever ceux qui se—xoient trop cachés, ou qui par offraient trop bas, trop écrasés;