Buch 
Histoire naturelle-agricole des animaux domestiques de l'Europe : races de la Grande-Bretagne / texte de David Low ; traduit de l'anglais et annoté par M. Royer ; publiée par les fondateurs du moniteur de la propriété et de l'agriculture
Entstehung
Seite
53
JPEG-Download
 

LE BOEUF.

53

HISTORIQUE.

les travaux des champs. Les armées indiennes en ont toujours des milliers à leursuite, qui portent tout leur matériel de guerre. Enfin, les princes indiens les fontfigurer dans leurs processions d’apparat. On les dirige au moyen d’une corde passéeà travers le cartilage de leur nez, et à laquelle sont attachées les guides, qui repo-sent sur la bosse de l’épaule quand elles ne sont pas employées. Leurs mouvemenssont aisés, et ils trottent et galopent presque aussi librement que des chevaux. Ussont infatigables, et font fréquemment jusqu’à soixante et quatre-vingts milles parjour. Au chariot ou à la charrue, ils tirent au moyen d’un joug fixé sur leursépaules. Ils sont très-doux, faciles à soigner et fort attachés à leurs gardiens. Lacouleur blanc de lait est estimée des Indoux, qui y attachent, comme les anciensEgyptiens, une idée de sainteté. Très-souvent les riches Indoux consacrent à Sivaun taureau particulier de la couleur sacrée; ils le marquent à l’emblème du dieu,et dès ce moment il est exempt de toute servitude injurieuse; il va où il veut, broutedans les jardins, les champs de riz, et partout où il lui plaît d’entrer, sans que per-sonne se permette de l’en chasser ou de s’opposer aux ravages qu’il commet. L’im-punité le rend familier, il prend la nourriture dans la main comme le ferait unchien , et partout les gens simples et dévots lui offrent des friandises. Ces taureauxconsacrés sont, au dire des Anglais qui habitent ce pays, un véritable fléau pour lesvillages des Indes , où ils pénètrent dans les boutiques des marchands de fruits etdes pâtissiers comme dans la cabane des paysans, pour y prendre tout ce qui est àleur convenance. Ce respect des Indoux pour le taureau ou la vache ne s’étend pasau bœuf châtré, qu’ils traitent avec la plus grande dureté, sauf toutefois la reli-gieuse observation du précepte, qui leur est commun avec les Juifs, de ne pas mu-seler les bœufs qui foulent le blé.

Divers individus des grandes et des petites races de zébus ont été fréquemmentamenés en Angleterre, et on les a accouplés avec les races ordinaires de bœufs dupays. Les animaux provenant de ces croisemens étaient féconds entre eux, et labosse caractéristique du zébu disparaissait au premier croisement. En 4832, onmontrait à l’exhibition de Noël , à Smithfield, un taureau et une vache de cette race,sous le nom de bétail de Nagore. Us appartenaient à M. Perkins, et avaient été éle-vés par le lieutenant-colonel Skinner à sa ferme de Danah, près de Pokah , à centmilles environ à l’ouest de Delhi , où six de ces animaux sont toujours tenus selléspar cet officier, pour transporter, au besoin, les dépêches militaires.

Nous avons déjà dit que le bœuf existait en Afrique , et il était naturel de penserque le climat de ce vaste continent, qui a produit des effets si remarquables sur laconformation de toutes les autres espèces animales, ne manquerait pas d impiirneiégalement des caractères particuliers à l’espèce bovine; malheureusement, nos ren-seignemens sur ce pavs sont tellement incomplets qu’il nous sérail impossible d es-

8