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LE BOEUF.
HISTORIQUE.
quisser ici le caractère de ces races; nous savons que le bœuf est très-répandu dansce pays, que partout les habilans se nourrissent de son lait, de sa viande, et lui fontexécuter leurs plus rudes travaux; nous croyons savoir que le bœuf caucasien do-mine dans toutes les contrées voisines de la Méditerranée et d’une partie de l’Atlan-tique; mais les voyageurs ne nous apprennent pas jusqu’où il s’étend dans l’inté-rieur du pays. On trouve encore le même type dans les races élevées par les Hotten-tots, les Cafres et quelques autres tribus. Ces bœufs sont tous de petite taille,comme ceux des parties montagneuses de l’Europe ; ils sont doués d’une grandeactivité et sont extrêmement robustes au travail.
Mais on trouve également en Afrique un bœuf bossu comme le Zébu des Indes,dont il diffère par des cornes grandes, légères et très-écartées. Cette race existe enAbyssinie, d’où elle se répand, en descendant le Nil , jusqu’au tropique du Cancer,et peut-être au delà, vers l’ouest, à travers les régions non encore explorées, jus-qu’au Niger , et de nouveau vers le sud, par le 40° degré de latitude, jusqu’au paysdes Cafres, par conséquent dans toutes les parties brûlantes de ce vaste continent.
Au Cap, où les bœufs sont parfaitement dressés pour la selle et pour tous lesautres services, c’est à l’âge d’un an, dit-on, qu’on fait leur éducation. Après leuravoir fait dans le cartilage du nez une fente assez grande pour admettre un doigt, ony passe un bâton écorcé, et, à chaque bout de ce bâton, on attache une courroie depeau d’une longueur suffisante pour faire le tour du cou et servir de bride. La selleconsiste en une peau de mouton garnie de sa laine, et les étriers en une courroiepassant par dessus la selle, avec des mailles pour les pieds. Pendant que la plaie dunez est encore vive et non cicatrisée, l’animal est monté, mis au manège, et, en unesemaine ou deux, généralement, il est rendu suffisamment docile pour le service dela selle. «La facilité et l’adresse, dit M. Bdrchell, avec lesquels les Hottentots» savent manier le bœuf, a souvent excité mon admiration. On le dresse à marcher,» à trotter bu à galoper, à la volonté de son maître; sa structure, bien supérieure à» cet égard à celle du bœuf d’Angleterre, lui permet de faire au pas trois à quatre» milles, au trot cinq, et au galop, en moyenne, jusqu’à sept et huit milles par» heure. »
Ces bœufs sont également employés à traîner ces wagons couverts dont les colonshollandais ont introduit l’usage, et dans lesquels ils transportent leurs denrées etfont leurs grands voyages de l’intérieur. Quoique beaucoup plus petits maintenantque ceux qui furent employés parles premiers colons, ces wagons sont cependantencore de très-lourdes voitures traînées par des attelages de 10 et 12 bœufs. Ils sontordinairement conduits par un Hottentot, qui dirige son énorme attelage avec uneadresse parfaite et sans le secours de guides, s’aidant surtout de la voix, parlant auxanimaux par leur nom, les conduisant à droite ou à gauche, les arrêtant ou leur