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Histoire naturelle-agricole des animaux domestiques de l'Europe : races de la Grande-Bretagne / texte de David Low ; traduit de l'anglais et annoté par M. Royer ; publiée par les fondateurs du moniteur de la propriété et de l'agriculture
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RACE DE SUSSES.

tingue les North-Devon; ils n’ont pas non plus la même longueur de corps, nil’élégance de leur conformation générale. La couleur distinctive est rouge, maisd’une nuance moins foncée que dans les North-Devon, et souvent mélangée de Lianesur la face et le corps. Les vaches sont turbulentes et très-mauvaises laitières;aussi ne les emploie-t-on presque jamais pour une laiterie bien tenue. Elles sontégalement petites, comparativement aux mâles, caractère qui paraît être communà tous les animaux du groupe dont ceux-ci font partie, et qui indique toujours uneinaptitude à donner du lait chez les femelles d’une race bovine (1).

L’emploi des boeufs aux travaux de la ferme est universel dans le comté de Sussex,et la race indigène est éminemment appropriée à cet usage, parce qu’elle réunit lepoids du corps à un degré suffisant d’énergie musculaire; aussi peut-on dire avecvérité que, pour le travail, la race Suffolk est égale, si ce n’est supérieure, à aucuneautre du royaume. Elle a plus d’énergie que les Hereford, plus de force que les De-von, et est supérieure aux variétés à longues cornes par cette réunion de l’activitéet de la force. L’emploi des bœufs pour le travail prévaut, nous l’avons dit, dans leSussex tout entier, mais surtout dans les sols tenaces du Wealden. Les animauxsont ordinairement attelés par quatre, quelquefois six et jusqu’à huit ensemble, etles génisses aussi bien que les bœufs. Ils sont dressés au joug à l’âge de 3 ans, tra-vaillent ordinairement jusqu’à 5 ou 6, et sont ensuite engraissés pour le boucher.Le travail des bœufs présente, sur une ferme, certains avantages saillans, qui ontconduit à quelques conclusions erronées sous le rapport de l’extension qu’il peutêtre avantageux de donner à cette pratique, dans les circonstances ordinaires desfermes de cette contrée. Le bœuf est élevé jusqu’à l’âge du travail à moins de fraisque le cheval; la dépense ultérieure de son entretien est moins considérable, il exigemoins de soins et d’attention, et, à un certain âge, lorsqu’il est usé pour le travail,il peut être engraissé, tandis que le cheval perd de sa valeur aussitôt qu’il est par-venu à l’âge adulte, et devient, finalement, toul-à-fait inutile. D’un autre côté, lebœuf, quoique bien approprié pour un travail lent et pénible, comme le labouragele demande, n’est pas aussi convenable que le cheval pour un travail rapide, pourdes transports éloignés, et pour ces efforts soudains et inégaux qu’exige l’exécutiondes travaux variés d’une ferme moderne. En outre, lorsque les bœufs sont très-em-ployés sur une ferme, et revendus après deux ou trois ans de travail, il y a une né-cessité continuelle de dresser de jeunes bœufs au joug, ce qui cause une perte detems très-fâcheuse sur une exploitation bien ordonnée, et qui ne doit point avoir

(1) Cette dernière proposition est peut-être contestable, et pour le moins beaucoup trop absolue, mêmedans la Grande-Bretagne où nous avons vu la très-petite vache du Kerry, si justement vantée commelaitière. Nous avons en France plusieurs races, dans les Vosges, en Bretagne , etc., dont les femelles sontinfiniment plus petites que les mâles et qui fournissent des vaches excellentes laitières. R.