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LE BŒUF.
R ACE AVRSHIRE.
ouverture pour le dégagement de la fumée; elles étaient entourées de fumiers. Lesterres étaient couvertes de rouches et de mauvaises herbes de toute espèce. On n’yvoyait ni jachères, ni récoltes vertes, ni prairies ensemencées, ni chariots, ni voi-tures, ni cours à fumier. On y cultivait à peine quelques racines potagères, et au-cun légume , à l’exception de quelques choux d’Écosse , qui formaient, avec du laitet de la farine d’avoine, toute la nourriture de la population. 11 y avait peu depaille, et, pour tout fourrage, la petite quantité de foin qu’on pouvait récolter dansles marais et les champs incultes; le peu de fumier que l’on faisait était conduit surles terres dans des traîneaux ou dans ces voitures appelées tombereaux, qui bas-culent sur leur axe; pitoyables véhicules, à peine capables de porter 500 livres. Laterre n’était occupée que par des récoltes successives d’avoine sur avoine ,j aussilong-lems qu’elles pouvaient payer la semence et les façons et fournir un petit excé-dant de gruau pour la subsistance de la famille; après quoi elle restait dans un étatabsolu de stérilité, jusqu’à ce qu’elle redevînt assez fertile pour donner de nouveauune misérable récolte de grains. La rente se payait généralement en nature, sous letitre de moitié fruit. Le bétail et les inslrumens étaient fournis en commun par lesparties intéressées, ou par l’une d’elles, selon les conventions; une moitié de la ré-colte appartenait au propriétaire à titre de fermage, et l’autre restait au tenancierpour faire vivre sa famille et cultiver sa ferme. 11 y avait quelques mauvais enclos;les chevaux et le bétail étaient ou entravés pendant l’été, ou abandonnés à la dis-crétion du pâtre et de son chien, qui les tenaient dans une agitation perpétuellepour les empêcher d’obéir à la faim, qui les poussait à chaque instant à commettredes dégâts sur les récoltes voisines. Le bétail mourait de faim pendant l’hiver, etpouvait à peine se lever sans qu’on l’aidât quand le printems arrivait; jamais iln’était assez gras pour pouvoir se présénler sur un marché. Aucun fermier ne pos-sédait l’argent nécessaire pour renouveler son troupeau, et c’est à peine s’il y avaitun propriétaire qui pût trouver les moyens d’améliorer cet état de choses.» Telleétait la situation, non-seulement du comté d’Ayr , mais d’une grande partie del’Écosse , pendant la première moitié du règne de Georges 111, et même à une époqueque se rappellent des hommes qui sont encore vivans. Le comté d’Ayr n’a pas sur-passé, en améliorations, les districts de la même nature que lui; il est plutôt, aucontraire, resté en arrière; et c’est à peine si aucune amélioration réelle a été effec-tuée dans ce pays, jusqu’à la fin désastreuse de la guerre d’Amérique : la plupart deces améliorations ont été effectuées depuis le commencement du siècle actuel, etbeaucoup d’entre elles depuis quelques années seulement. C’est dans ces circons-tances qu’une race de bétail s’est produite et perfectionnée, qui peut être classéeparmi les plus utiles de la Grande-Bretagne pour l’usage auquel elle est destinée.
Nous manquons de documens authentiques pour établir la marche progressive