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Histoire naturelle-agricole des animaux domestiques de l'Europe : races de la Grande-Bretagne / texte de David Low ; traduit de l'anglais et annoté par M. Royer ; publiée par les fondateurs du moniteur de la propriété et de l'agriculture
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LE BOEUF.

RACE COURTES-CORNES.

mais il serait plus exact de dire qu’elle est en harmonie avec la carrure de formecaractéristique de la race. Quoique Golling préférât le bétail d’une taille moyenne,comme la race est tirée d’une souche très-grande, elle a une tendance constante àproduire de grands animaux. La race communique facilement ses caractères à tou-tes les autres, et le premier croisement, même avec les variétés qui en diffèrent leplus, donne ordinairement de bons produits. Les femelles conservent, à un degréconsidérable, les propriétés de la race du Holstein , en donnant une grande quan-tité de lait, elles sont infiniment supérieures, sous ce rapport, aux Longues-Cor-nes, Hereford et Devon. Comme laitière, toutefois, la nouvelle race est inférieureà l’ancienne, ce qui montre que le perfectionnement de l’élevage et la plus grandetendance à produire de la graisse, sont défavorables à la sécrétion du lait. On trouve,à la vérité, quelques vaches qui conservent toutes les qualités laitières de l’anciennerace, mais c’est une exception à la règle générale (1). Les bœufs sont éminemmentrenommés pour la précocité, tant de la maturité de leurs muscles que de leur en-graissement. Un grand nombre d’entre eux est maintenant engraissé dès l’âge devingt-quatre mois, dans la plus grande perfection, et amené à un poids que n’at-teint , au même âge, aucun autre bétail en Europe .

On a vu cette race perfectionnée s’étendre du district de la Tees, comme d’uncentre, où sa valeur s’était d’abord révélée, à travers tout le Durham et le Northum-berland, au nord, jusque dans la vallée de la Tweed ; et, pendant ces dernières an-nées, elle a envahi les basses terres de l’Ecosse orientale, jusqu’au golfe de Pent-land, où on la croise maintenant avec les races indigènes. Elle a fait des progrèsrapides, au sud, à travers le comté d’York, où elle a été élevée sur la plus grandeéchelle. Nous avons dit que le district de Holderness avait tiré de bonne heure des

(1) Cette exception est beaucoup plus commune qu'on ne le croit généralement en France , plutôt parprévention instinctive que par observation raisonnée. Nous ne protestons pas contre l’assertion du savantprofesseur écossais , « que le perfectionnement de l’élevage et la tendance à produire de la graisse sont dé-favorables à la sécrétion du lait, » parce qu’un peu plus loin il corrige ce qu’il y a d’erroné, selon nous,dans cette opinion. Nous avons l’intime conviction que la souche Durham la plus perfectionnée peut êtreaussi excellente laitière qu’aucune autre au monde, lorsque ses producteurs, s’aidant des signes extérieursfournis par Guénon, s’attacheront à développer ces signes avec le soin qu’a mis Golling à développer ceuxde l’engraissement, et que si la race perfectionnée est aujourd’hui moins bonne laitière que l’ancienne,cela tient uniquement à ce que ses améliorateurs n’attachaient aucune importance à conserver laitières desvaches qu’ils ne voulaient point traire. Nul doute, pour nous, que les qualités laitières les mieux dévelop-pées ne sont point exclusives de l’aptitude à l’engraissement le plus prononcé ; que seulement la fonctionde sécréter du lait, pendant son activité, nuit à l’engraissement; et que l’aptitude à s’engraisser très-promptement, après avoir donné une grande quantité de lait, peut se rencontrer chez une souche de vachesparfaites. Au reste, comme les dernières phrases de ce chapitre sont rédigées dans ce sens, nous y ren-voyons le lecteur.