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Histoire naturelle-agricole des animaux domestiques de l'Europe : races de la Grande-Bretagne / texte de David Low ; traduit de l'anglais et annoté par M. Royer ; publiée par les fondateurs du moniteur de la propriété et de l'agriculture
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LE MOUTON.

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ÎIISTOIUOI'E.

éprouve un inconsolable chagrin; sil séloigne delle, son bêlement danxiété estentendu partout ; lagneau, de son côté, semble reconnaître ces soins par une ten-dresse extraordinaire. Qui de nous, à la tonte de son troupeau, na pas remarquélaspect de surprise et deffroi de cet agneau, quand la mère court pour la premièrefois à lui, privée de sa toison? Combien sa frayeur est vite calmée, et avec quellesensibilité il exprime sa joie, en reconnaissant cette voix et en recevant ces caressesauxquelles il est accoutumé! Le mouton paraît insensible et stupide, parce quenous cherchons rarement à nous lattacher par des actes de familiarité et de bonté;mais quun agneau orphelin soit élevé dans la cabane du berger, et nourri de samain, et nous le trouverons presque aussi familier que le chien, content dêtrecaressé, et ne voulant pas quitter son protecteur, pour se joindre à ses cama-rades. Dans les pays le berger dirige son troupeau, et ne le fait pas garder par leschiens, comme cela se pratique ailleurs, la docilité que les animaux acquièrent estmerveilleusement grande. Us suivent leur guide partout il les conduit, obser-vent ses mouvemens, écoutent sa voix, et sil se sert dun cornet ou dun cor, ilscomprennent la signification du son quils entendent, et obéissent au signal. Noussommes encore charmés par ce reste de simplicité et dinnocence pastorales dansles Alpes suisses, dans les parties montagneuses de lItalie , en Grèce et autres lieux;le petit berger connaît par leur nom tous ses agneaux favoris, et lorsquil lesappelle, ils quittent le troupeau et accourent à lui. Si leur nombre est considérable,il en choisit quelques-uns, leur fait une simple leçon , et ils deviennent les guidesdes autres dans les pâturages désignés; ils apprennent même à rassembler les traî-neurs. La musique du berger montagnard nest pas, nous le savons, une fiction poé-tique : dans les montagnes du Midi, nous entendons encore maintenant les sonsharmonieux de sa flûte rustique. Le matin, il fait sortir son petit troupeau, et jouependant quil le conduit; il en est de même, lorsquaprès le coucher du soleil ille ramène à la bergerie, pour le préserver de lattaque des loups.

La fourrure des moutons se compose dun peu de poil (4), mais essentiellementde laine. Dans des pays froids, humides et élevés, le poil devient quelquefois assezlong pour couvrir entièrement la laine ; et lorsque, dans la première partie de lété,cette laine tombe, la couverture de poil reste pour protéger lanimal. Dans dautrescas, le poil, moins abondant, est seulement mélangé avec la laine, dont il diminue

(1) Ce poil, droit et lisse, diffère essentiellement de la laine; il a reçu le nom particulier de jarre; il serencontre dans toutes les toisons ; mais ce nest que dans les toisons grossières quil existe assez abondam-ment pour être remarqué dans un examen superficiel; on dit de ces dernières quelles sont jarreuses. Ontrouve principalement du jarre sur les parties postérieures latérales des cuisses ; aussi le nomme-t-onquelquefois en France poil de culotte, du nom de boucherie de cette région. R.

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