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Histoire naturelle-agricole des animaux domestiques de l'Europe : races de la Grande-Bretagne / texte de David Low ; traduit de l'anglais et annoté par M. Royer ; publiée par les fondateurs du moniteur de la propriété et de l'agriculture
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LE MOUTON.

RACE DU KEURY.

stérilisé, qui ne fournit qu’une insuffisante alimentation aux troupeaux de vaches etde moutons qui ont le malheur de l’occuper.

Le traitement général des troupeaux, dans les contrées montagneuses et tour-beuses de l’Irlande, est barbare à un point que les éleveurs anglais auront beaucoupde peine à croire. Quelquefois les animaux sont mêlés en commun dans les mon-tagnes .tourbeuses ou dans les marais humides, où un grand nombre périt de faim etde maladie; souvent- ils se répandent comme des animaux sauvages sur toute lacontrée, dévorant tout ce qu’ils y peuvent trouver; d’autres fois ils sont accouplésdeux à deux et laissés ainsi pour chercher leur nourriture comme ils peuvent, ouattachés sur un espace couvert d’herbes ou de joncs, ou enfin enfermés dans lesmisérables cabanes de leurs propriétaires. Dans tout l’ouest de l’Irlande , de Done-gal à Kerry, on ne voit que des moutons demi-mourans de faim, tantôt divagantcomme dés bêtes sauvages par troupes de tout âge et des deux sexes; d’autres fois setramant les uns après les autres le long des chemins, ou attachés dans les endroitsoù ils peuvent trouver quelque nourriture. « Nos meilleurs animaux, dit M. Sampson» dans sa description de Londonderry , sont achetés soit dans les foires des comtés» du sud-ouest, soit à Dervock, où ils sont amenés par des marchands de ces com-» tés de pâturages. Il n’est pas nécessaire que je les décrive, nos races ayant la» conformation et les qualités les plus diverses, avec ou sans cornes, la laine gros-» sière ou fine, mais presque tous avec de gros os et un caractère turbulent. Tout» récemment, on pouvait voir des centaines de moutons courant de ferme en ferme» sans avoir aucune marque qui pût en faire reconnaître les propriétaires. Tout» domestique de ce comté qui possède quelques shillings achète avec ses épargnes» un ou deux moutons, qu’il abandonne ensuite à la bonté de la Providence et à la» charité de ses voisins. Vers le mois de mars, tous ces troupeaux sont conduits» dans les montagnes; mais au tems des neiges, semblables aux sauterelles d’Egypte ,» ces déprédateurs dévorent tout ce qu’ils peuvent rencontrer. Ils m’ont ainsi dé-» truit en une seule fois deux mille têtes de choux frisés; d’ailleurs, ils ne vivent» pas, l’hiver, du fourrage qu’on leur donne, mais de ce qu’ils peuvent voler. »

Tout ce qu’on vient de lire est encore applicable en partie, aujourd’hui, aux petitesraces des tourbières et des montagnes ; quant aux moutons à longue laine des con-trées plus riches, ils sont placés dans des circonstances différentes que nous feronsconnaître plus tard. Les moyens d’amélioration applicables à ces races excessive-ment négligées, sont les mêmes que ceux qui ont été adoptés ailleurs, — des croi-semens judicieux, ou la substitution de races supérieures, et un meilleur systèmed’alimentation et de régime.

Il est plus facile de signaler les défauts de l’agriculture irlandaise que d’y remé-dier; le mal est évident, mais il paraît avoir son origine dans la condition du peuple,