LE MOUTON.
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RACE DES BRUYÈRES A TÊTE NOIRE.
La race des bruyères à tête noire existe principalement dans la partie la plus sep-tentrionale de la chaîne de montagnes dont nous venons de parler, qui commencedans les landes des comtés d’York et de Lancastre. Elle s’étend à travers les valléesde Kendal et d’Eden, jusqu’aux montagnes plus élevées de Cumberland et de West-moreland; et par le Carter-Fell, en Ecosse , où elle occupe la grande rangée de mon-tagnes argilo-schisteuses qui s’étend de Saint-Abb’s-Head, à l’est, jusqu’au canald’Irlande , à l’ouest. Elle a pénétré dans le comté d’Argyle par celui de Lanark, etdans tous les Highlands d’Ecosse depuis les Grampians jusqu’au détroit de Pent-land; enfin, elle s’est introduite dans toutes les Hébrides , ainsi que dans les îlesOrcades et Schetland.
11 est possible que cette race ait pénétré en Ecosse par les montagnes du nord del’Angleterre; elle est entretenue depuis un tems immémorial dans toutes les hautesterres des comtés de Roxburgh , Dumfries , Selkirk, Peebles, Lanark et les districtsadjacens. La tradition assure qu’elle fut introduite par un roi d’Ecosse dans laforêt Etterick; mais il est plus rationnel de penser qu’elle a pénétré dans les com-tés frontières par la route toute naturelle des montagnes. Son introduction dans lecomté d’Argyle et dans les Highlands du centre et du nord est encore toute récente;elle a pris place dans cette dernière contrée vers le milieu du dernier siècle, lors-que le mouton a été généralement substitué aux nombreux troupeaux de racebovine qui abondaient dans les Highlands . Elle a remplacé successivement lesanciennes races de la contrée, dont il ne reste plus maintenant que quelques débrisépars.
La race des bruyères à tête noire possède des caractères qui la distinguent detoutes les autres races des Iles-Britanniques; le poids auquel elle parvient oblige àla ranger parmi les petites races de moutons; cependant, elle est plus grande et plusrobuste que celles de Schetland, du pays de Galles et les races à laine douce qu’ellea déplacées. Elle ressemblé quelque peu à la race de Valachie, et comme cette der-nière a des affinités avec la race persane, on peut lui supposer une origine orientale ;mais il est plus naturel de croire que ses caractères particuliers lui ont été commu-niqués par les effets de la nourriture et du climat, dans les pays escarpés et cou-verts de bruyères d’où elle nous est parvenue. Les deux sexes ont des cornes, très-longues et contournées en spirale chez le mâle, mais manquant quelquefois chez lafemelle. Les membres sont longs et bien musclés, et la forme générale est robuste;cependant les épaules ne sont pas si basses, ni les membres postérieurs aussi longsque dans les races galloises. La tête et les pattes sont noires, et la toison a une ten-dance à prendre cette couleur, mais non les couleurs brune et rousse, qui distin-guent les plus anciennes races à laine fine. La toison est à laine longue et grossière,en quoi elle diffère de toutes les autres races montagnardes de la contrée; elle est de