40
LE MOUTON.
RACE DES BRUYÈRES A TÊTE IVOIRE.
i!-—---
moyenne longueur et pèse environ 3 livres (1 k°119) de laine lavée. Ces moutonssont très-rustiques, et capables de subsister sur les bruyères les plus grossières; ce-pendant, bien qu’ils préfèrent les sommets des montagnes, ils ne font pas à cetégard comme les moutons du pays de Galles, et vivent sur toute espèce de pâturagequ’ils peuvent obtenir, étant beaucoup moins difficiles sur le choix des herbages queles Southdown, les mérinos et autres races originaires de contrées produisant desherbes plus fines. Quoique de mœurs sauvages et indépendantes, ils sont moins va-gabonds que les moutons montagnards du pays de Galles et autres parties, et peu-vent être amenés à demeurer dans les enclos, lorsqu’ils y trouvent une nourrituresuffisante. Le poids ordinaire des moutons, abattus à l’âge de. 4 ans environ, est de151ivres(5kilog. 595) le quartier; mais les individus qui sont bien traités, et suffi-samment nourris pendant leur jeunesse, peuvent acquérir un poids plus considé-rable. La chair en est moins délicate que celle du mouton gallois ou du Southdownde l’Angleterre; mais elle est plus juteuse, a une saveur plus prononcée de venai-son, et est préférée à tout autre par ceux qui en ont l’habitude. C’est le mouton quel’on consomme principalement dans toutes les plus grandes villes d’Ecosse , et ungrand nombre de ces animaux est amené, à l’âge de 3 ans et plus, dans les pâtu-ges du sud, afin d’y être engraissé pour les marchés anglais .
La qualité la plus importante de cette race est son appropriation à une contrée debruyères, et, sous ce rapport, elle est supérieure à tout autre. C’est cette propriété,aussi bien que son extrême rusticité, qui l’a rendue si précieuse pour les montagnescouvertes de bruyères où elle est acclimatéè, et où elle parvient à s’entretenir mieuxqu’aucun autre mouton. Elle se nourrit sur les plus hautes montagnes jusqu’à uneélévation où les bruyères cessent de croître, et font place à la mousse et autres plan-tes des latitudes supérieures. Comme ils broutent très-bien l’extrémité des bruyères,ces moutons trouvent leur nourriture beaucoup mieux qu’aucun autre de cette con-trée pendant le teins des neiges et des grandes gelées. Les mères sont de vigoureusesnourrices, capables d’élever encore leurs petits lorsqu’elles ont été exposées elles-mêmes à de rudes privations. Un grand défaut de cette race, c’est le caractère de satoison qui, bien que légère, n’est propre que pour les manufactures de tapis ou d’é-toffes les plus grossières. On a apporté peu d’attention, en général, à la qualité de cettetoison, bien qu’elle puisse être considérablement améliorée. Un défaut de la laine,très-commun dans cette race, est l’existence de ce qu’on appelle du jarre (kemps),qui se compose de filamens durs et raides mélangés avec la laine. Ce jarre est impro-pre au feutrage et ne sécrète pas de suint comme la laine véritable; on pourrait lefaire disparaître par une meilleure nourriture et le choix de reproducteurs exemptsde ce défaut. Quelquefois il naît, dans les troupeaux, des individus à laine fine etcourte, ce qui semble indiquer la possibilité d’obtenir, par le choix des reproduc-