LE MOUTON.
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RACE DES BRUYÈRES A TÊTE NOIRE.
teurs, une variété qui aurait constamment une toison de plus de valeur que celle dela race actuelle.
La diversité des sols et des situations où cette race s’est trouvée placée, depuis leshumides marécages du comté d’York jusqu’aux montagnes escarpées du nord del’Ecosse , lui a communiqué une grande variété de taille et d’aspect. Dans quelques-unes des parties les plus basses et les moins couvertes de bruyères, tant de l’Angle-terre que de l’Ecosse , ces animaux se sont écartés de leur type naturel jusqu’à perdreleurs cornes et la couleur noire de leur tête et de leurs pattes. Celte variété est pluspetite et moins rustique que celles qui sont naturalisées dans les montagnes plussèches et où-la bruyère abonde. Les meilleurs animaux de la race se trouvent enEcosse , dans le Tweddale, ce qui peut provenir en partie de la nature du pays, et enpartie aussi des soins mieux entendus qui sont donnés à la production. Les troupeauxdes montagnes du Cumberland, Westmoreland, Yorkshire et Lancastre, sont debeaucoup inférieurs à ceux des comtés frontières de l’Ecosse . Dans la plus grandepartie des Highlands et des Iles-Écossaises, la race a dégénéré, faute de soins etd’une nourriture suffisante. A la vérité, dans presque toutes ces situations, on peutconsidérer les troupeaux comme mélangés, et résultant du croisement avec les racesoriginaires; c’est particulièrement le cas dans les Hébrides , où les animaux sontpetits et tout-à-fait inférieurs à la race pure des bruyères.
Le traitement de cette race rustique est nécessairement en rapport avec les cir-constances locales au milieu desquelles on l’élève. Le producteur de ces moutonsest rarement la personne qui les engraisse pour l’usage ; il les élève jusqu’à l’âge leplus convenable pour la nature de sa ferme, les vend à d’autres cultivateurs surl’exploitation desquels ils peuvent être couservés jusqu’à l’âge où ils sont propres àl’engraissement, et ces derniers les revendent alors à des engraisseurs ou fermiers,qui ont des pâturages ou d’autres moyens de nourriture artificielle suffisans pour lesrendre propres à la boucherie. Cette espèce de transfert est continuellement enusage, et les nombreuses foires de la contrée sont les marchés sur lesquels d’im-menses troupeaux de ces moutons sont amenés à différentes époques, lis arrivent àdivers âges sur leur dernier marché, pour la consommation, mais c’est le plus or-dinairement entre trois et quatre ans, et lorsque leur viande a acquis sa plus grandeperfection de saveur et de juteux. On en amène maintenant une quantité toujourscroissante sur les marchés de Londres et autres grandes villes, depuis que les com-munications sont devenues faciles, grâce à la navigation à la vapeur.
Les moyens d’élever ces nombreux troupeaux consistent dans le nombre de bre-bis entretenues sur les fermes de production, et qui dépend de la qualité et de l’éten-due des pâturages naturels, ainsi que dutems pendant lequel les jeunes animaux sontconservés surees fermes de production. Lorsque les produits sont vendus agneaux ou