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LE MOUTON.
RACE CHEVIOT.
prompt écoulement à l’eau de la surface, ont pour effet d’améliorer les pâturages etde diminuer la tendance à la dangereuse maladie nommée pourriture.
Lorsque la terre est susceptible de culture, les ressources de nourriture peuventêtre beaucoup augmentées, parce qu’alors on peut donner aux animaux des turnepsen même tems que du foin ; mais il faut éviter avec soin l’erreur qu’on commet tropgénéralement dans ces contrées, en cultivant plus de terre qu’il n’est nécessairepour le but qu’on se propose, qui est de fournir au troupeau des turneps et du foinsec; ce but rempli, le fermier ne doit jamais pousser son système de labourage audelà de ce que comporte une ferme d’élevage.
Pour que les moutons puissent pâturer tranquillement sur ces fermes, et que letravail des bergers soit moins pénible, il est fort usité d’enclore chacune d’elles. Lesmurs en pierre sont les clôtures préférables pour de telles situations, où les maté-riaux nécessaires pour leur construction peuvent être facilement ramassés à la sur-face du sol. Ces murs sont formés de pierres sans aucun mortier, et peuvent avoirde quatre et demi à cinq pieds de hauteur (lm.4àlm. 5). On emploie quelquefoisdes gazons au lieu de pierres, mais les clôtures sont beaucoup moins durables etmoins avantageuses, et ne doivent jamais être employées quand il existe d’autres ma-tériaux. Outre la clôture générale de la ferme, il est convenable et nécessaire,même, d’établir au moins deux divisions ou enclos plus petits, auprès des bâtimensautant que possible ; et, dans tous les cas, lorsqu’on met en culture une portion deterrain, elle doit être séparée des terres en pâturage par une clôture suffisante.
La valeur et l’utilité des abris pour des contrées si élevées, n’a pas besoin d’êtredémontrée. Lorsqu’il existe des vallées et des gorges naturelles, on en profite pourabriter le troupeau contre les pluies pénétrantes et l’intempérie des saisons; dansde telles circonstances, le berger peut conduire son troupeau dans les endroits quioffrent cet abri, et les moutons, de leur propre mouvement, semblent les recher-cher. Mais l’instinct de ces animaux qui les porte à se garantir d’une tempête me-naçante en se réfugiant sous les éminences qui peuvent les abriter, est quelque-fois la principale cause des accidens que leur occasione la chute de la neige qui,lorsqu’elle est acompagnée de grands vents, comble souvent, en quelques heures,tous les trous où les moutons se sont réfugiés. Lorsque ces accidens arrivent, latempête est si soudaine et si violente que tous les animaux sont ensevelis sous desmasses de neige, et que les bergers eux-mêmes, pendant qu’ils cherchent et réu-nissent les animaux épars, sont quelquefois enveloppés et étouffés dans la bour-rasque.
Il est d’une grande importance de se procurer, non-seulement un abri contreles raffales si fréquentes dans ces contrées élevées, mais encore un lieu de refugepour le troupeau en cas de danger. Les plantations sont toujours avantageuses dans