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Histoire naturelle-agricole des animaux domestiques de l'Europe : races de la Grande-Bretagne / texte de David Low ; traduit de l'anglais et annoté par M. Royer ; publiée par les fondateurs du moniteur de la propriété et de l'agriculture
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LE MOUTON.

RACE CHEVIOT.

dents. Lorsque la tempête cessa, quatorze jours environ après son commencement,on naurait pas pu voir un seul mouton vivant sur les fermes très-élevées. Un grandmur informe, composé de cadavres et entourant un petit troupeau couché sur le sol,entièrement mort également, et raide de froid, était tout ce qui restait au bergerdésolé ainsi quà son maître. Bien que, sur les fermes moins élevées, la neigeétait moins dure au commencement de la tempête, un grand nombre de moutonsaient traversé cette dernière, leur constitution en reçut néanmoins une si rude at-teinte que le plus grand nombre ne tarda pas à périr; aussi, le résultat définitiffut-il, que les neuf-dixièmes environ de tous les moutons du sud de lEcosse furentanéantis. Dans le grand district pastoral dEskdale-Muir, qui nourrit plus de 20,000de ces animaux, on dit quil ne resta vivant que 40 jeunes moutons sur une seuleferme, et cinq vieilles brebis sur une autre. La ferme de Phaupresta pendant vingtans, après ce désastre, sans tenancier et sans troupeau, et lorsquà la fin un hommetrès-honnête et dun esprit libéral saventura à la prendreà bail, ce fut moyennant larente annuelle «dune grande casaque et dune paire de bas! » Elle est maintenantaffermée 500 liv. st. (42,000 fr. environ). Une longue gorge dans Tweedsmuir, quiappartient actuellement à sir James Montgomery de Staniiope, devint à la mêmeépoque une pâture commune, chacun était libre de conduire ses troupeauxquand bon lui semblait, et qui resta près dun siècle dans cet état. »

Il ajoute : « Les années 1709,1740 et 1772 furent remarquables, entre toutes , parleur extrême rigueur et par les ravages quelles ont exercés sur les troupeaux demoutons. Dans la dernière, la neige tomba depuis le milieu de décembre jusquà lami-avril, et fut entièrement congelée pendant tout ce tems. Des dégels partiels ve-nant toujours entretenir les fermiers dans lespérance dun changement prochainde température, les empêchèrent de conduire leurs moutons dans une contrée,plus basse, jusquà ce quenlin ceux-ci devinrent si faibles quil fut impossible deles déplacer. Jamais, de mémoire dhomme vivant, on ne vit une destruction aussigénérale que pendant cette année.

» Mais de toutes les tempêtes qui ont ravagé lÉcosse , et quil mait été donné decontempler, aucune ne peut être comparée à celle de la mémorable nuit du vendredi24 au samedi 25 janvier 1794. Cette tempête sévit avec une violence particulièresur la partie méridionale de lEcosse qui est entre Crawford-Muir et la frontière.Dans ces contrées, il périt dix-sept bergers, et plus de trente furent rapportés sansconnaissance dans leur logis, après quon eut pu les découvrir. Le nombre des mou-tons qui succombèrent est incalculable. Tous les troupeaux furent ensevelis sous laneige, sans quil fût possible den apercevoir aucune trace jusquau dégel,ils furent tous trouvés morts. Jéprouvai moi-même toute la fureur de ce désastresur la ferme de Thickside : il y avait à la fois, sur cette ferme, douze troupeaux

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