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Histoire naturelle-agricole des animaux domestiques de l'Europe : races de la Grande-Bretagne / texte de David Low ; traduit de l'anglais et annoté par M. Royer ; publiée par les fondateurs du moniteur de la propriété et de l'agriculture
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LE MOUTON.

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RACE MÉRIJNOS.

breux troupeaux de Mérinos stationnaires dont la laine a toute la finesse désirable;et dans les autres parties de lEurope , les moutons ne quittent jamais la fermesur laquelle ils naissent, on produit une laine de qualité supérieure à celle destroupeaux émigrans de lEspagne . Mais ce système est si ancien, et tellement en-raciné dans les habitudes de ce peuple ignorant et intraitable, que probablement cesera le dernier des abus que songeront à réformer les hommes qui sagitent ence moment dans ce pays déchiré par les dissensions intestines.

Les Espagnols ont long-tems conservé le monopole de cette raCe de moutons avecun soin jaloux; mais, à la fin, les autres contrées ont entrepris la conquête de cettenouvelle toison dor, et maintenant la race Mérinos est répandue sur une grandepartie de lEurope . Elle a été transportée dans lAmérique septentrionale, dans lex-trémité méridionale de lAfrique et dans les immenses régions de la Nouvelle-Hol-lande; partout on a trouvé quelle conservait, avec une constance admirable, lescaractères que lui ont imprimés ses pâturages originaires, et, dans certains cas,elle a surpassé, en propriétés utiles, la souche dont elle provenait (4). La Suède est,à ce quon croit, le premier pays qui se procura des Mérinos purs. En 1723, M. Als-troemer, citoyen au cœur noble et patriotique, importa un petit troupeau de pursMérinos. En 1739, le gouvernement suédois, embrassant avec zèle les mêmes idées,établit une école dagriculture sous la direction de M. Alstroemer, et ne négligearien pour multiplier celte race. Les mesures employées réussirent au point que lim-portation des laines courtes en fut diminuée, malgré l'accroissement des manufac-tures de draps fins, et quaprès plus dun siècle, la race étrangère produisait une lainepresque aussi fine et aussi douce quau moment de sa première importation. Lesmoutons sont tenus à la bergerie pendant les six mois dhiver, généralement pen-dant la nuit lété, et cest sous linfluence de ce traitement artificiel que fa laine con-serve ses propriétés originaires. Les brebis ont de deux à trois ans lorsquelles fontleur premier agneau, et sept ans lorsquon les engraisse pour la boucherie. Ellessont infiniment moins rustiques que les bêtes du pays, et si lon accordait une atten-tion convenable à léducation des races indigènes, peut-être seraient-elles plus pro-fitables pour les éleveurs. On suppose quil existe, en Suède , environ 10,000 Méri-

(1) Cette persistance de caractères, dans des circonstances et sous des climats si différens, nous sembletémoigner de la pureté primitive de la race Mérinos , améliorée en dedans, vraisemblablement, sousla domination des Maures, ou à tout autre époque, mais étrangère à tout mélange de sang africain aussibien quanglais , contrairement à lopinion du savant professeur dEdimbourg lui-même, qui nous paraît,en cette circonstance, avoir trop facilement abandonné ses principes généraux pour se lancer dans lhypo-thèse dun croisement dont on ne trouve aucun témoignage historique certain, et dont on ne connaît pasmême le prétendu type améliorateur. . R-

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