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Histoire naturelle-agricole des animaux domestiques de l'Europe : races de la Grande-Bretagne / texte de David Low ; traduit de l'anglais et annoté par M. Royer ; publiée par les fondateurs du moniteur de la propriété et de l'agriculture
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LE MOL'TON.

RACE MÉRINOS .

nos purs ou métis, ou à peu près la vingt-cinquième partie des moutons de ceroyaume.

La France , malgré son contact avec lEspagne , sur les Pyrénées , 11 e lit aucunetentative pour se procurer la race Mérinos , jusque vers la fin du dix-septième siècle, lillustre Colbert , poursuivant ses vastes plans pour lextension des arts et ducommerce de sa patrie, introduisit quelques Mérinos dans les montagnes, pouraméliorer les moutons indigènes. Son projet, quoique bien conçu, fut traversé parles préjugés populaires, et neut aucun succès. Mais en 1786, le gouvernement fran­ çais , revenant aux mêmes desseins, importa un troupeau considérable de Mérinospurs, et létablit à la ferme royale de Rambouillet , près Paris , ses descendansexistent encore. Tous les moyens furent employés pour répandre cette race chez lescultivateurs français , mais avec peu de succès. En 1796, le Directoire de la Répu-blique française renouvela les mêmes tentatives avec plus dénergie. Par un articlesecret du traité de Bâle , il obtint la permission dimporter dEspagne 100 béliers et1,000 brebis par an , pendant cinq années. Le gouvernement espagnol se repentitbientôt de cette concession forcée, et les événemens politiques en entravèrent telle-ment laccomplissement, que, sur le nombre stipulé, 2,000 têtes seulement, brebiset béliers, parvinrent à leur destination. Napoléon reprit le projet, et, pendant sonrègne, beaucoup de Mérinos traversèrent la frontière. Cest ainsi quun grand nom-bre de Mérinos ont été introduits en France , dont les uns sont restés purs, et les au-tres ont été employés à croiser les races indigènes. Mais, en définitive, la France napas obtenu de grands succès dans cette branche dagriculture; et quoique le sol etle climat de ce pays conviennent admirablement pour la production des laines fines,lextrême division de la propriété foncière,, le peu détendue des pâturages à mou-tons et les habitudes des populations rurales, nont pas été favorables au systèmegénéral damélioration appliqué à cette race (1).

Cest en Allemagne que la race Mérinos a été le plus abondamment répandue, etcultivée avec le plus grand succès. Vers la fin de la guerre de Sept-Ans, en 1765,lélecteur de Saxe obtint, du roi dEspagne , 100 béliers Mérinos et 200 brebis, choi-sis dans les meilleurs troupeaux de lEspagne . II en conserva une partie dans son étatde pureté, sur une de ses propres fermes auprès de Dresde , et distribua le surplusdans le pays, pour améliorer les moutons indigènes. Il fut bien vite établi que larace conservait toutes ses propriétés, et pouvait même, sous linfluence dun

(1) Le Mérinos français doit nécessairement occuper une place trop importante dans lhistoire de nosanimaux domestiques, pour que nous croyions devoir ajouter ici quelque chose à ce quen dit le savantEcossais que nous traduisons. Nous engagerons donc le lecteur à vouloir bien compléter ouiectificrcequiprécède par ce que nous publierons, plus (arJ, sur le même sujet.

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