LE MOUTON.
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LAINE.
Celte grande industrie nationale fournit à une consommation intérieure plus con-sidérable que celle d’aucun autre peuple, et donne encore un excédant évalué156,791,125 fr., non compris les fils de laine, estimés 10,029,/00 fi., pour un com-merce d’exportation avec toutes les parties du monde, c’est-à-dire plus du huitièmedu commerce total d’exportation du royaume. Par conséquent, le commerce deslaines est pour la nation d’une importance capitale. 11 a à lutter contre les régle-mens fiscaux, et l’accroissement de la production dans des contrées rivales; mais lasupériorité du capital, des machines et de l’industrie du pays, ainsi que les facilitésque lui procure un commerce étendu, donnent aux manufactures biitanniques desavantages que ne possède encore aucune autre contrée d Europe (1). Le tableau sui-vant, extrait des derniers documens officiels, fera connaître la quantité et la valeurdes laines et tissus de laine exportés, ainsi que les pays ou ils ont etc transportes.
(1) Sans doute, les causes indiquées par l’auteur écossais doivent avoir une grande influence sur la su-périorité de l’industrie lainière en Angleterre; mais il en est d’autres qui rentrent davantage dans notresujet, et que nous croyons devoir ajouter ici.
On a déjà pu voir combien était grande la variété des races ovines de la Giande Breta D ne, depuis lesrustiques Têtes-Noires et Clieviot, qui habitent les câpres montagnes du Sutherland, jusqu aux charmonsRyeland du Hereford, aux robustes Southdowr. du Sussex, et aux énormes Letcester, dont nous parleronsdans la prochaine et dernière livraison de moutons; nul doute, pour nous du moins, qu une productionaussi variée, tout en favorisant les débouchés de chaque sorte, et empêchant cet encombrement déplora-ble, qui, chez nous, met les producteurs innombrables de laines métisses mérinos à la merci des troprares acheteurs, ne soit également probable aux manufacturiers, dont les produits peuvent elre plus va-riés encore que la matière première qui leur est offerte.
Il est vrai que cet état de choses n’a pas suffi pour soutenir, en Angleterre, le cours des laines, et que,par suite, il tend chaque jour davantage à disparaître aujourd’hui ; un grand nombre des races que nousavons décrites ne sont plus, maintenant, que des souvenirs historiques; les Cheviot dans les montagnesglacées et incultivables; les Southdovn dans les terres sèches, calcaires ou maigres; les New-Leicester ouDishley dans les contrées basses, fertiles et bien cultivées; telles sont les trois races qui tendent à s'empa-rer exclusivement, désormais, de tout le territoire de la Grande-Bretagne consacré à l’éducation du mou-ton; encore est-il à remarquer que les améliorations progressives tendent à rapprocher chaque jour da-vantage ces trois races, sous le double rapport de la conformation et de la laine, en sorte qu’avec la con-tinuation du progrès, on peut entrevoir l’époque où elles se confondront à peu près dans l’unique raceDishley, qui semble être le type le plus parfait, dans la direction actuelle des idées et des spéculations.
Peut-on redouter pour l’Angleterre, au cas où cette prévision se réaliserait, et où elle ne produirait plusque des laines longues impropres à la carde, une crise contraire, et plus réelle que celle dont se plai-gnent quelques-uns de nos producteurs de laines métisses? Nous ne le croyons pas, et voici nos raisons :
Grâce au perfectionnement de la conformation, à l’augmentation du poids et à la maturité précoce desmoutons des Dois races qui tendent à envahir l’Angleterre et l’Ecosse , pour une production annuelle de6Ô millions de kilogrammes de laine, évalués ci-dessus à 227 millions et demi, il est produit eu viandede mouton, pesant en moyenne au moins 40 kilogrammes l’un , et tués de 2 à 3 ans, environ 640 mil-lions de kilog., valant au moins 640 millions. En France , la Statistique accuse un nombre de moutons
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