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Histoire naturelle-agricole des animaux domestiques de l'Europe : races de la Grande-Bretagne / texte de David Low ; traduit de l'anglais et annoté par M. Royer ; publiée par les fondateurs du moniteur de la propriété et de l'agriculture
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LE MOUTON.

RACE ROMNEY-MARSH.

mer, contre laquelle elle est protégée par des digues semblables à celles des poldersde la Hollande. Cette plaine sétend depuis Ilythe jusquà la Rolher, sur environquarante milles de longueur, et dix milles dans sa plus grande largeur, de Denge-ness à Appledore (1). Elle est divisée en quatre districts : le Romney-Marsh propre-ment dit, qui est le plus considérable et le plus occidental; le Walland-Marsh, quilui confine à louest; le Denge-Marsh, avec les ruisseaux du midi, au sud, et leGuildford-Marsh, à louest, dont la plus grande partie appartient au comté de Sus-sex. Ce pays était connu des Anglo-Saxons sous le nom de Merseware ou Mersewa-rum, et les habitans étaient désignés par une expression qui signifiait hommes desmarais. 11 était autrefois entièrement couvert de terrains rendus marécageux parles inondations de la mer, et la conservation des digues et des fossés dassainisse-ment y était réglée par des lois et réglemens locaux, quon a désignés sous le nomde coutume ancienne et autorisée, jusquau règne de Henry 111. Le sol se composeen partie de sable stérile, de gravier ou de galets, mais surtout dun riche et profonddépôt dalluvions, qui produit en abondance des graminées et dautres plantes four-ragères, et que la charrue na jamais sillonné. «Cest un merveilleux pays pourlélevage du bétail, dit Leland, par la raison que lherbe croît abondamment surtoute sa surface, aussitôt quelle est débarrassée des eaux de la mer.» Le terrainest divisé par des barrières et couvert de fossés profonds, pour en rèlirer les eauxstagnantes. On y voit à peine quelques haies ou quelques arbres pour abriter les ber-gers. Les routes sont de larges sentiers fangeux, grossièrement tracés à travers lemarais, et lon peut difficilement passer après une pluie. Les habitans sont peunombreux, réunis en hameaux ou villages sur la surface monotone de cette plaine,et presque tous occupés à la garde des nombreux moutons auxquels le pâturage enest livré. Lair est constamment humide, à cause des eaux stagnantes, et les richespropriétaires de ces fermes résident, non pas dans les marais, mais bien sur les hau-teurs qui les entourent. Quant aux animaux qui sont élevés ou engraissés dans cesmarais, ils diffèrent selon la nature des herbages. Les moutons en sont le produit leplus important, et on les y élève en nombre plus considérable que dans aucune autrepartie du royaume dune étendue semblable.

Les moulons originaires de ce district avaient la.tête grossière, avec un toupet delaine, lencolure épaisse, les pattes longues et fortes, les sabots larges, la poitrineétroite, le flanc très-développé, ainsi que labdomen. Ils appartenaient à la classedes grands moutons, mais ils étaient moins pesans, cependant, que les moulons àlourde toison des comtés de lEst. Leur toison pesait de 7 à 8 livres (environ 3 kilog.à 3 kilog. 5); elle avait les qualités ordinaires des laines longues, était de douceur

(i) Environ G4 kilomètres de longueur, sur IG dans ta plus grande largeur.

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