LE MOUTON.
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RACE ROMNEY-MARSH.
moyenne, mais inégale, et grossière sur les parties postérieures du corps. Ces ani-maux s’engraissaient lentement, et les moutons étaient rarement livrés à la bou-cherie avant la fin de leur troisième année; mais ils étaient fort estimés des bou-chers, àcausede la grande proportion de suif interne et de graisse qu’ils produisaient.Ils s’arrangeaient parfaitement de la situation et du climat auxquels ils étaient sou-mis , et contractaient facilement l’habitude d’éviter les fossés dangereux qui cou-paient le pays en tous sens.
La nouvelle race du Romney-Marsh, qui s’est répandue dans les autres parties duKent, présente encore plusieurs des caractères de l’ancienne famille, le plus grandnombre des individus ayant les pattes longues, le flanc large et les extrémités gros-sières. Mais un changement surprenant, à cet égard, a été opéré dans le siècleactuel, et il existe maintenant, dans le pays, des troupeaux entiers qu’il est impos-sible de reconnaître pour les descendans de l’ancienne race. Cette transformation aété obtenue en partie par le mélange du sang Dishley (New-Leicester), et en partiegrâce à l’attention plus grande, apportée par les éleveurs, dans le choix des formeset des qualités des animaux.
La race Dishley a pénétré plus lentement dans ces marais que dans la plupartdes autres parties du royaume, à cause des préventions extraordinaires, et nonencore détruites, qui s’opposaient jusqu’à ce jour à son introduction. Cependant,au commencement de ce siècle, une émulation générale ayant poussé les éleveursles plus éclairés à rechercher les moyens d’amélioration que leur offrait une raceaussi perfectionnée que l’était alors celle de Dishley, un grand nombre de bélierslut introduit successivement par divers éleveurs. Les effets ne tardèrent pas à semanifester, même dans les troupeaux de ceux qui étaient les plus hostiles à l’intro-duction du sang étranger, et il est maintenant permis d’affirmer qu’il n’existe pasun seul troupeau dans le comté de Kent où l’on n’aperçoive des traces du sangDishley. Le premier effet de ce croisement fut de réduire le volume des moutons dupays, tout en leur donnant une harmonie de construction plus parfaite, et une apti-tude plus grande à l’engraissement. Mais indépendamment des effets directs ou mé-diats du croisement, l’importation des Dishley, en plaçant sous les yeux des éle-veurs des modèles de conformation, produisit un excellent résultat sur le districttout entier, et contribua puissamment, tant qu’on y eut recours, à 1 améliorationde la souche indigène par voie de sélection. 11 est vrai de dire qu après un certainlents il y eut une réaction, dans la faveur publique, au profit de la race du pays,qui fut exclusivement entretenue, depuis lors, par tous les éleveurs Romney-Marsh, àpeu d’exceptions près; néanmoins, les effets des modifications produite:par le croisement subsistent toujours, et les moulons actuels de ce ntaiais, tout eiconservant un degré de grossièreté et d’étroitesse de corps que 1 on ne saurai: