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LE MOUTON.
ANCIENNES RACES LONGUE-LAINE DES DISTRICTS DU CENTRE.
trée. Partie appartenait aux races à laine courte dont nous avons déjà parlé, etpartie à une race à longue laine qe Ton trouvait, avec des caractères presque uni-formes, sur la plus grande portion des plaines du pays. Cette dernière race étaitd’une grande taille, et d’une conformation particulièrement grossière et défec-tueuse. M. Culley la décrit en ces termes, telle qu’il la voyait à la foire de Balli-nasloe, à la fin du siècle dernier : « Je puis assurer n’avoir jamais vu de moutonsaussi mal conformés et aussi laids que ceux-ci; les plus mauvaises races que nousayons en Angleterre leur sont infiniment supérieures. On ne saurait comprendrecomment les éleveurs de moutons irlandais peuvent se donner plus de peines, pourélever de pareils animaux, que la plupart des cultivateurs anglais n’en prennentpour élever les leurs. Je ne leur connais rien de recommandable, excepté leurtaille, qui peut flatter quelques vieux éleveurs routiniers, ne trouvant jamaisleur souche assez grande. Mais je vais essayer de la décrire, et laisser aux lecteursle soin de Ja juger. Ces moutons sont portés sur des pattes longues, volumineuses,torses et de couleur grise; leur tête est longue et difforme, avec de grandesoreilles pendantes; la face grise et les yeux enfoncés; le cou long et enchâssé audessous des épaules; la poitrine étroite et sans profondeur, étranglée en avant et enarrière des omoplates; les côtes plates, avec le dos saillant et étroitcommeceluid’unhareng; les quartiers de derrière très-faibles, et la queue attachée très-bas. Bref, ilssont à peu près, sous tous les rapports, en opposition avec ce que, dans mon opi-nion, des moutons bien conformés devraient être (4). » On ne saurait élever de doutesur la fidélité de cette description , et cependant les changemens qui ont eu lieu ,depuis lors, sont tels, qu’il est impossible aujourd’hui d’en apprécier l’exac-titude. On trouve encore, à la vérité, quelques-uns des caractères distinctifs del’ancienne famille, les grandes têtes, les côtes plates,'les poitrines étroites; mais onpeut dire que toutes ces difformités extraordinaires qui plaçaient les moutons irlan-dais au dessous des plus mauvaises races anglaises, n’existent plus aujourd’hui. Cerésultat est dû au croisement avec la race New-Leicester, que Ton commençait àpratiquer à l’époque à laquelle écrivait M. Culley , et qui a été continué, depuis,avec un tel succès, qu’il serait difficile, maintenant, de trouver un seul individu derace non croisée dans toute la contrée. Quelques riches éleveurs ont acheté destroupeaux entiers de race pure New-Leicester, mais le résultat principal est dû aucroisement, dont l’extension rapide et générale peut surprendre, à bon droit, dansun pays où la situation de la propriété est si déplorable, et oppose de si grandsobstacles au cours naturel des améliorations.
Toutefois, les moutons irlandais à longue laine, d’aujourd’hui, laissent encore
(I) Culley, on Lite Stock.