Buch 
Histoire naturelle-agricole des animaux domestiques de l'Europe : races de la Grande-Bretagne / texte de David Low ; traduit de l'anglais et annoté par M. Royer ; publiée par les fondateurs du moniteur de la propriété et de l'agriculture
Entstehung
Seite
148
JPEG-Download
 

148

LE MOUTON.

RACE «EW-LEICESTEJÎ.

veloppemenl des parties utiles, comme les caractères essentiels à rechercher, ilnétait que trop disposé à considérer les autres, non-seulement comme secondaires,mais môme comme sans importance. On rapporte lui avoir entendu dire quil nesoccupait nullement de la laine que produisaient ses moutons, et quil saisissaittoutes les occasions de démontrer linutilité de la taille, comparée avec laptitude àlengraissement. 11 est aujourdhui reconnu, toutefois, quune toison longue et tas-sée est ordinairement unie à une constitution vigoureuse et à la faculté, pour lesanimaux, de résister au froid et aux variations atmosphériques; et lexpérience detous les éleveurs saccorde à reconnaître quune certaine taille, chez le mouton, estun élément du profit quon en peut obtenir. Tout éleveur a constaté, par les faits,quun animal à peser gras 18 kilog. au quartier est plus profitable que celui qui,dans le même laps de tems, ne peut parvenir à peser que 13 kilog. Par conséquent,le poids du corps et la nature de la toison ou son produit ne sont pas à négliger danslélevage du mouton; et sil ne faut accorder à ces qualités quune importance se-condaire, il est impossible de les abandonner comme tout-à-fait inutiles. Mais siBakewell a poussé à lextrême ses principes délevage, cela nempêche pas sessuccesseurs de mettre à profit les connaissances acquises maintenant, par lobser-vation et lexpérience, et de réunir une taille avantageuse et une toison convena-bles aux autres qualités dune plus grande importance. Bakewell était en quelquesorte forcé de senfermer dans sa propre souche, et dans le sang dune seule famille,pour conserver le type de conformation quil avait produit; mais la multiplicationconsécutive de la race New-Leicester affranchit les éleveurs modernes de nécessitésde cette sorte. Us peuvent se procurer des individus de la forme quils désirent,appartenant à des familles différentes de la même race, et nen sont jamais réduitsà produire, par une consanguinité trop prolongée, des animaux dune conformationtrop délicate, manquant de laine, ainsi que de cette vigueur de constitution, quisont toujours plus nécessaires que la perfection des formes individuelles, pour as-surer le profit de léleveur. Le sacrifice des qualités secondaires, que Bakewellnhésitait pas à faire, était le résultat de circonstances qui nexistent plus mainte-nant; et le talent actuel, des éleveurs doit consister à conserver une conformationdes animaux, plus grande et plus robuste que celle dont se contentaient les pre-miers améliorateurs. Ainsi, la race de moutons Cotswold, bien que très-inférieurede formes aux purs New-Leicester, continue à rivaliser avec elle sur une vaste éten-due du pays; les agriculteurs des terres basses du Glouceslershire, du Üevonshire,et plusieurs du Lincolnshire , conservent une race plus grande que celle approuvéepar les éleveurs Leicester; et même dans le nord de lAngleterre, la race Leicestersest primitivement établie, on préfère maintenant une race plus lourde à la souchela plus pure des Dishley.