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LE MOUTON.
RACE «EW-LEICESTEJÎ.
veloppemenl des parties utiles, comme les caractères essentiels à rechercher, iln’était que trop disposé à considérer les autres, non-seulement comme secondaires,mais môme comme sans importance. On rapporte lui avoir entendu dire qu’il nes’occupait nullement de la laine que produisaient ses moutons, et qu’il saisissaittoutes les occasions de démontrer l’inutilité de la taille, comparée avec l’aptitude àl’engraissement. 11 est aujourd’hui reconnu, toutefois, qu’une toison longue et tas-sée est ordinairement unie à une constitution vigoureuse et à la faculté, pour lesanimaux, de résister au froid et aux variations atmosphériques; et l’expérience detous les éleveurs s’accorde à reconnaître qu’une certaine taille, chez le mouton, estun élément du profit qu’on en peut obtenir. Tout éleveur a constaté, par les faits,qu’un animal à peser gras 18 kilog. au quartier est plus profitable que celui qui,dans le même laps de tems, ne peut parvenir à peser que 13 kilog. Par conséquent,le poids du corps et la nature de la toison ou son produit ne sont pas à négliger dansl’élevage du mouton; et s’il ne faut accorder à ces qualités qu’une importance se-condaire, il est impossible de les abandonner comme tout-à-fait inutiles. Mais siBakewell a poussé à l’extrême ses principes d’élevage, cela n’empêche pas sessuccesseurs de mettre à profit les connaissances acquises maintenant, par l’obser-vation et l’expérience, et de réunir une taille avantageuse et une toison convena-bles aux autres qualités d’une plus grande importance. Bakewell était en quelquesorte forcé de s’enfermer dans sa propre souche, et dans le sang d’une seule famille,pour conserver le type de conformation qu’il avait produit; mais la multiplicationconsécutive de la race New-Leicester affranchit les éleveurs modernes de nécessitésde cette sorte. Us peuvent se procurer des individus de la forme qu’ils désirent,appartenant à des familles différentes de la même race, et n’en sont jamais réduitsà produire, par une consanguinité trop prolongée, des animaux d’une conformationtrop délicate, manquant de laine, ainsi que de cette vigueur de constitution, quisont toujours plus nécessaires que la perfection des formes individuelles, pour as-surer le profit de l’éleveur. Le sacrifice des qualités secondaires, que Bakewelln’hésitait pas à faire, était le résultat de circonstances qui n’existent plus mainte-nant; et le talent actuel, des éleveurs doit consister à conserver une conformationdes animaux, plus grande et plus robuste que celle dont se contentaient les pre-miers améliorateurs. Ainsi, la race de moutons Cotswold, bien que très-inférieurede formes aux purs New-Leicester, continue à rivaliser avec elle sur une vaste éten-due du pays; les agriculteurs des terres basses du Glouceslershire, du Üevonshire,et plusieurs du Lincolnshire , conservent une race plus grande que celle approuvéepar les éleveurs Leicester; et même dans le nord de l’Angleterre, où la race Leicesters’est primitivement établie, on préfère maintenant une race plus lourde à la souchela plus pure des Dishley.