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Histoire naturelle-agricole des animaux domestiques de l'Europe : races de la Grande-Bretagne / texte de David Low ; traduit de l'anglais et annoté par M. Royer ; publiée par les fondateurs du moniteur de la propriété et de l'agriculture
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LE COCHON.

COCHON SAUVAGE.

et transmettent ces qualités à leurs descendans, de manière à en constituer une racepermanente.

Cette influence du régime sur la forme et les mœurs des animaux nest pas,dailleurs, particulière à lespèce porcine; elle sétend, au contraire, à tous les qua-drupèdes, quoique avec une énergie variable pour chacun deux. Parmi les rumi-nans, le bœuf et le mouton y sont particulièrement soumis; par une augmentationde nourriture, on observe chez ces animaux les mêmes modifications de forme quenous avons signalées chez le porc : lestomac et les intestins augmentent de capacité;le tronc sagrandit dans toutes ses dimensions; les membres deviennent plus courts,plus écartés, et comme le corps est plus près de terre, le cou se raccourcit; plu-sieurs muscles, privés dexercice, diminuent de volume, et la tendance à lobésitéaugmente proportionnellement. Lactivité et la force de ces animaux se modifieavec leur forme; ils prennent des habitudes appropriées à leur nouvel état, trans-mettent à leurs descendans ces nouveaux caractères, et forment ainsi des rac'es dif-férentes de celles qui existeraient dans létat naturel.

Nous pourrions trouver chez les carnivores plus dun exemple analogue aux pré-cédons; quant aux oiseaux, le résultat du changement de régime produit exacte-ment les mêmes effets sur quelques-uns dentre eux. Si lon fait couver des œufs deloie sauvage, cet oiseau du Nord que nous voyons accomplir chaque année de sigrandes migrations et fendre lair à une hauteur si considérable que souvent sa voixseule parvient à notre oreille, alors que les nuages le dérobent à notre vue, et silon donne aux jeunes oisons une abondante nourriture, le bel oiseau dont le volaudacieux semble plus puissant que celui dun aigle devient un indolent animal,captif en liberté, se laissant conduire par la baguette dun enfant, hors détat desélever, en volant, au dessus des murs de la basse-cour il est enfermé, et don-nant naissance à une race danimaux aussi dépourvus dénergie quil lest lui-même,et tout aussi éloignés de leur type sauvage.

Le canard est absolument dans le même cas; la domesticité augmente le volumede son abdomen, diminue la puissance des muscles de sa poitrine et lui fait perdre,en conséquence, la faculté de voler. Ses instincts se modifient également; la pru-dence et la prévoyance du danger qui le caractérisent dans létat naturel, laban-donnent complètement, et le mâle perd lhabitude dun accouplement unique pourdevenir polygame.

11 ne faudrait pas croire que les modifications organiques et instinctives impri-mées par un changement de régime se bornent exclusivement à quelque caractèresuperficiel et de peu dimportance; souvent, au contraire, ils constituent des ca-ractères de premier ordre, égaux en valeur à ceux qui sont généralement employés àdistinguer les espèces, et pour le cochon, notamment, si lon prenait la forme

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