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LE COCHON.
COCHON SAUVAGE.
sentent sont le résultat des circonstances différentes dans lesquelles ils sont placés,sous le rapport de la nourriture, du climat et des autres agens extérieurs. Peu im-porte que des naturalistes en fassent des espèces distinctes; car les caractères quiservent aux classifications sont entièrement arbitraires et conventionnels. Il estaussi bien permis de contester l’identité spécifique des cochons que celle des nè-gres, des Papous et des Européens; mais ce que nous pouvons affirmer hardiment,c’est qu’ils sont formés sur le même plan, ont des habitudes semblables et ne pré-sentent entre eux aucune différence que nous ne puissions rationnellement attri-buer à l’influence des agens extérieurs.
Le savant et ingénieux Buffon, dans son histoire du cochon et du sanglier, con-sidère ces animaux comme formant, dans la chaîne des êtres, une espèce isolée,d’une nature équivoque, ambiguë. «De tous les quadrupèdes, le cochon, dit-il,paraît être l’animal le plus brut; les imperfections de la forme semblent influer surle naturel; toutes ses habitudes sont grossières, tous ses goûts sont immondes;toutes ses sensations se réduisent à une luxure furieuse et à une gourmandise bru-tale , qui lui fait dévorer indistinctement tout ce qui se présente, et même sa progé-niture au moment qu’elle vient de naître. Sa voracité dépend apparemment du be-soin continuel qu’il a de remplir la grande capacité de son estomac, et la gros-sièreté de ses appétits de l’hébétation du sens du goût et du toucher. La rudesse dupoil, la dureté de la peau, l’épaisseur de la graisse, rendent ces animaux peu sen-sibles aux coups : l’on a vu des souris se loger sur leur dos, et leur manger le lard etla peau sans qu’ils parussent le sentir (I). » « Son corps est aussi malheureusement» construit que sa physionomie est stupide; son cou est si court et si gros que sa» tête touche presque aux épaules; ses pattes de devant sont si courtes qu’il parait» être forcé de baisser la tête pour se tenir sur ses pieds, et tout son corps semble» prêt à tomber en avant. Nulle aisance dans ses mouvemens, aucune souplesse» dans ses membres, qu’il plie à peine pour marcher. Même dans les momens de sa» plus grande fureur, il a toujours une attitude lourde et contrainte; il frappe,» pousse et déchire avec ses défenses, mais toujours sans adresse et sans agilité, sans» pouvoir lever la tête ou ployer son corps, comme d’autres animaux. » Telles sontles observations d’un écrivain dont l’éloquence ne manque jamais de nous charmer,alors même que ses raisonnemens satisfont le moins notre jugement.
Mais le cochon ne présente aucune anomalie de conformation ; il est seulement un
(1) Nous avons inutilement cherché dans Buffon la suite de cette citation, la seule qui soit guille-mettée, et par conséquent la seule qui soit considérée comme textuelle par l’auteur écossais, tandis quecelle qui précède, et que nous avons guillemettée au commencement et à la lin seulement, est littérale-ment extraite de l’ouvrage du naturaliste français . R-
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