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LE CHEVAL.
HISTORIQUE.
qu’elle est plus lourde et de race moins noble; dans ce dernier cas, l’animal est em-ployé comme bête de trait. En choisissant des jumens de haute taille, comme cellesde la Frise et de la Normandie , les mules peuvent atteindre la taille des plus grandschevaux; elles deviennent alors bêtes de trait, et sont attelées à la charrue; quandla jument est d’une race plus distinguée, la mule est très-propre à la selle. Non-seu-lement en Espagne , mais encore dans les autres contrées du sud de l’Europe , onrencontre des mules, remarquables par leurs formes toutes les fois qu’on a choisiavec soin les reproducteurs. Le mulei diffère de l’âne, son auteur, en ce qu’il s’élèvedans les pays les plus froids comme dans les contrées les plus chaudes; il paraîtcependant plus robuste dans les pays tempérés. Le mulet est bien moins difficileque le cheval sur le choix de sa nourriture; on le gouverne facilement; il est plusexempt de maladies et moins sujet aux accidens. Il est propre au travail; mais il nese fait que fort tard ; il vit très-long-tems et ne perd sa vigueur qu’avec sa vie.
La nécessité d’étendre dans la Grande-Bretagne l’élevage des mules mérite la plussérieuse attention. Nos ressources sont les mêmes que partout ailleurs; car, bien quenous ayons recours aux autres pays pour nous procurer le baudet, nos relationsavec les contrées voisines de la Méditerranée nous permettraient facilement de fairecelte acquisition; et quand on songe aux nombreuses jumens de choix que nouspossédons, il est évident que nous tenons les premiers élémens de la production demules propres à toute espèce de services. Le Cleveland^Day, le Suffolk-Punch et lesautres races de nos grands chevaux nous fourniraient des mules d’une taille telle,qu’elles pourraient servir de bêles de trait et être appliquées aux mêmes travaux queces chevaux de haute taille; les plus fines seraient réservées pour la selle; nosjumens de pur sang et de chasse nous procureraient les plus belles mules qu’on ailencore vues chez aucun peuple. C’est là l’espèce qui donnerait probablement leplus de bénéfices pour le pays et pour l’industrie privée. Les avantages que l’onpourrait obtenir du travail des mules dépassent ce qu’en peuvent espérer ceux quin’ont jamais vu ces animaux dans leur état amélioré. Nous aurions un animalplus rapide que le cheval de trait, moins sujet que lui aux maladies, plusfacile à nourrir et aussi docile qu’aucune bêle dressée au travail. C’est uneerreur de croire la mule vicieuse et intraitable.; ces défauts sont le résultat d’uneéducation défectueuse et du mauvais emploi qu’on a fait de cet animal. Traitée avecsoin comme le cheval de selle, la mule présenterait rarement ces défauts. Au lieudu grand nombre de chevaux que nous employons aux voitures de toutes sortes,quel avantage n’aurions-nous pas à leur substituer des mules. 11 n’en faudrait pasplus que des plus foris chevaux pour exécuter le même travail; nous y gagne-rions des animaux moins dispendieux à nourrir, moins sujets aux maladies despieds et des membres, plus robustes à la fatigue, et vivant un plus grand nombre •
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