a y £ c la Moderne. 19sa mode. Pour moi je me ferois un grand scrupulede condamner ces anciens maîtres qui faisoient toutavec tant de circonspection : il vaut beaucoup mieuxtâcher de découvrir leur intention, qui aura sansdoute été très judicieuse, afín de ne rien ajouter malà propos à cet Ordre, qui soit contraire à ses prin-cipes. Prenons donc la chose dès son origine, Sc con-sidérons à quel effet on accommoda des baies au pieddes colonnes Sc ce quVlles y représentent, nfin d’in-fêter dc-là íì elles conviennent à celles-ci commeaux autres. Viiruve l’enseigne ( Liv. IV. chap. 1. ),ne commençant d’en parler qu'à l’occasion de la co-lonne Ionique, laquelle il dit avoir été composée surle modelé d’unc beauté féminine, y assortiííant toutesles parties, comme les volutes du chapiteau à laforme des coiffures Sc aux tresses des cheveux desfemmes, la tige de la colonne à leur taille allegro,les cannelures aux plis de leurs robes, Sc la base àleur chaussure. Au même endroit il compare notrecolonne Dorique à un homme sort, tel que se roi t unHercule, lequel n’a jamais été représenté que lespieds tout nuds : tellement que nous pouvons bienjuger par- là que les bases ne conviennent point nonplus à l’Ordre Dorique. Mais l’usagc qui a été intro-duit licencieusement contre tant d’excmplcs quenous en avons dans les antiques, a tellement pré-venu l’imagination, par je ne fais quelle fausse ap-parence de beauté, qu’il l’emporte maintenant furla raison. Néanmoins les yeux purgés, étant avertisde cet abus, s’cn détrompent tout incontinent; &Ccomme le vraiícmblable se trouve faux loriqu’onl’examinc, de même les apparences du beau, contrela raison, deviennent enfin extravagantes. Cette ob-servation étant fondée sur les grands exemples que
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