XV
varie ; les uns sont lents à croître, la croissance dequelques autres est prodigieusement accélérée. Lacroissance moyenne du chêne est de trois lignes dediamètre , celle de quelques arbres exotiques quenous avons acclimatés est d'environ unpouce, quel-quefois plus j d'où il suit, suivant la loi du carrédes diamètres , que , même en négligeant les diffé-rences dans la hauteur, il y a seize fois autant debois dans un peuplier de Virginie de trente ans, parexemple , que dans un chêne du même âge , et quel'un pourrait fournir une pièce de dix-huit poucesd’équarrissage, tandis que l'autre fournirait à peineun chevron de trois pouces. C'en est assez pourmettre en état de juger combien il importe d'étudieret de comparer la force des bois , leur élasticité,leur pesanteur, leur retraite, leur incorruptibi-lité , etc., afin de déterminer les usages auxquelsils sont propres , et afin d’empêcher qu'on ne con-tinue de prodiguer, mal à propos et pour de petitsusages, les arbres précieux que la nature a destinésà de hauts services.
Cette étude individuelle des bois est immense .Lorsque je l’ai entamée, j'ai été surpris , je l'avoû-rai y du peu de progrès que la science avait fait àcet égard, et de trouver que cette partie de l’his-toire naturelle des arbres était presque entièrementà faire.
Si je m'étais borné à ne rapporter que mes obser-vations , je leur aurais donné le nom rf’Essai, etc'est le seul qui leur eût convenu j mais on verra