3 AMÉNAGEMENT
méthode démontrée, par laquelle un propriétairepourra facilement reconnaître de combien son taillis,situé en bon comme en mauvais terrain , aura aug-menté chaque année en valeur intrinsèque.
Le vœu de Buffon était qu’on la trouvât, cette mé-thode. « En général, a-t-il dit, on peut s’assurer que» dans les bons terrains on gagnera à différer la coupe» du bois taillis, et que dans les terrains où il n’y a pas» de fond , il faut les couper fort jeunes. Mais il serait» à souhaiter qu’on pût donner de la précision à cettey> règle , et déterminer au juste l’âge où l’on doit» couper les taillis. Cet âge est celui où l’accroisse-» ment du bois commence à diminuer. Dans les pre-» mières années le bois croît de plus en plus , c’est-à-» dire , que la production de la seconde année est» plus considérable que celle de la première année ;» l’accroissement de la troisième année est plus grand» que celui de la seconde ; ainsi l’accroissement des» bois augmente jusqu’à un certain âge, après quoi» il diminue ; c’est ce point, ce maximum qu’il faut» saisir pour tirer de son taillis tout l’avantage et tout» le profit possibles. Mais comment le reconnaître ,» comment s’assurer de cet instant ? Il n’y a que des» expériences faites en grand,des expériences longues> et pénibles , des expériences telles que Réaumur» les a indiquées, qui puissent nous apprendre l’âge» où les bois commencent à croître de moins en» moins ». ( Supplém. à l’Histoire naturelle , z/z-4 0 .tome II, pag. 2S7 et suiv. ).
Buffon n’était donc pas pleinement satisfait desexpériences indiquées par Réaumur , puisqu’il lestrouvait longues et pénibles. Elles consistent à fairele choix d’un bois de l’âge de dix ans. On en coupeun arpent qu’on réduit en fagots d’une grosseur etd’une longueur égales ; pour plus d’exactitude, on lespèse. Cinq ans après on coupe un second arpent àcôté du premier; on en pèse également le produit.Lorsque le premier arpent a repris dix ans d’âge, on