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le coupe pour la seconde fois, puis , pour la troisièmefois, dix ans après. Enfin , on coupe pour la secondefois le deuxième arpent, celui dont le bois ne doitêtre abattu qu’à quinze ans, et l’ayant égalementpesé , on fait la comparaison exacte du produit d’untaillis coupé trois fois dans trente ans , ou coupé seu-lement deux fois. Par là , dit Réaumur, on sera enétat de juger s’il est plus avantageux de régler lescoupes de ce terrain de dix ans en dix ans, ou dequinze en quinze ans.
On ne voit pas qu’il soit réservé un troisième arpentà côté des deux autres pour ne le couper qu’à l’âgede trente ans , et pour en comparer le produit à celuides deux premiers. Peut-être Réaumur s’est-il faitquelque scrupule de proposer la pesée d’un arpent debois âgé de trente ans. Quoi qu’il en soit, il n’a pointdissimulé les difficultés t|ue ses expériences éprouve-raient dans l’exécution. « On ne peut guère espérer,» dit-il, que l’impatience française permette d’entre-» prendre dés expériences de si longue haleine ; nous» voulons tout savoir, avoir tout fait dans le moment.» Des expériences de cette nature seraient aussi plus» sûrement conduites par ceux qui nous gouvernent.» Elles sont un objet assez important pour l’état pour» mériter leur attention , et j’ose dire que ce sont desi> plus belles et des plus grandes expériences qu’un» prince puisse faire entreprendre ». ( Mém. de Vsic.des Sciences , 1721, in-11 , pag. 386 ).
Ce n’est pas seulement à raison de son extrêmedifficulté que la méthode de Réaumur me semble peupraticable , et je crois que l’expérience , comme illa propose , serait insuffisante et fautive.
i°. Si le plus haut point de croissance du taillis,ce maximum, que l’on cherche, ne doit se trouverqu’entre la dixième ou la quinzième année, ou entrela quinzième et la trentième, comment le recon-naître ?
2°. En supposant que l’expéçjçnçç ait été faite avec