8 aménagement
de vingt-cinq à trente ans, et d’une ligne juste depuistrente à quarante ans.
Ces faits discordans, ces différences énormes dansles résultats, ces qualités mal définies de bon et demauvais , données comme absolues, tandis qu’ellesne sont que relatives ; ces contradictions répanduesmalheureusement en trop grand nombre dans noslivres sur l’agriculture , désolent l’agronome qui veutétendre ses connaissances , et rebutent le propriétairepeu expérimenté qui cherche à s’instruire.
Qu’il eût été à désirer, relativement à l’objet quinous occupe, que Buffon ne se fût pas contenté dusouhait qu’il formait pour qu’on donnât de la préci-sion à une règle sur l’âge où l’on doit couper lestaillis ! 11 n’avait plus qu’un pas à faire pour que sonsouhait fût rempli par lui-même , puisqu’il avait déjàconçu et développé cette belle idée du point d’accrois-sement, de ce maximum qu’il faut saisir pour tirerd’un taillis tout l’avantage possible. Tl ne s’agissaitplus que de chercher un instrument qui mesurât cesaccroissemens successifs avec exactitude, et à l’aideduquel on pût déterminer ce maximum par la voiedu calcul.
Mais l’homme de génie considère l’ensemble del’objet qu’il médite, se contente d’en saisir les prin-cipaux rapports , les décrit en les généralisant, ets’arrête rarement sur les détails , à moins qu’il ne sepropose de s’élever par eux à de grands résultats.L’agronome, nécessairement plus timide , parce quela plus légère omission peut l’entraîner dans de forteserreurs, dirige sa marche en sens contraire. Aucundétail ne doit lui être indifférent; et s’il s’élève quel-quefois aux grands principes de la physique , ce n’estque pour y trouver un point d’appui d’où il puissedescendre avec sûreté aux moindres particularités del’art pratique dont il s’occupe. Mais , persuadé qu’onne peut s’égarer en suivant une route que le plusgrand philosophe du siècle nous a tracée , c’est après