14 AMENAGEMENT
l’on remarquera que cet auteur parle d’un cantonoù le bois grossit de seize lignes annuellement. Lors-qu’on fera attention à la très-grande différence entrele prix d’un pied cube de bois de service, et d’unpied cube de bois pour le feu , pourra-t-on concevoircomment les adjudicataires des ventes exploitentpour le chauffage et tirent moins à la charpente , siles baliveaux sont d’un aussi excellent service queM. d’Acosta le suppose ?
Je crois la méthode que je viens de décrire , parti-culièrement applicable aux taillis, qu’on a été jus-qu’ici dans l’usage , en Bresse , de couper tous lesneuf ans. A l’égard des bois , dont les coupes ont étéréglées de tout tems à vingt ou vingt-cinq ans , peut-être l’époque de la première éclaircie doit-elle êtreretardée , peut-être môme sera-t-il a propos de n’enfaire qu’une , parce que les souches étant plus sépa-rées et les clairières plus fréquentes , il y a plus d’es-pace pour nourrir les jeunes brins, et qu’il y croîtpar conséquent moins de brindilles.
J’en juge par plusieurs tronchées (amas d’arbresétronçonnés ) que j’ai fait abattre dans mes domainespour les transformer en taillis, et dont je compareles souches à celles des bois que l’on ne coupe qu’àtrente ou quarante ans. Ces nouveaux taillis ne sontdevenus touffus qu’après la seconde coupe , et je neme suis pas bien trouvé d’en avoir éclairci quelques-uns trop tôt ; car, pour que les brins s’élancent enhauteur et grossissent tout à la fois, il faut qu’ils nesoient ni trop , ni trop peu serrés.
Ces éclaircies doivent se faire à la journée, non àforfait, en présence du maître , ou tout au moinsd’un homme affidé. Il ne faut jamais abandonner ladépouille qui en provient, aux ouvriers , en déduc-tion du prix de leur travail ; les raisons en sont tropsensibles pour qu’il soit besoin de les expliquer (r j.
(i) Mes ouvriers emploient une espèce de serpe attenant à un manched’cnvirçn six pieds , cpi’ils appellent un goyard , et dont ils se servent