Mais que les faillis aient été éclaircis ou non, larègle que nous allons établir pour connaître l’époquede leur plus haut point d’accroissement, leur seraégalement applicable. On peut seulement prévoirqu’un bois éclairci et aménagé comme je viens de ledécrire , ne parviendra à son maximum d’accroisse-ment que fort long-tems après le terme où un boisabandonné à lui-même aurait atteint le sien et com-mencé à décroître ; parce que chaque brin se trou-vant plus au large , participera , en quelque sorte , àl’avantage des arbres isolés, dont l'accroissement,toutes choses égales d’ailleurs, est le plus rapide detous.
Cependant il vient un tems enfin où les brins,quelle qu’ait été leur distance première, sont telle-ment rapprochés les uns des autres, proportionnel-lement à leur grosseur acquise, que l’espace qu’ilsoccupent n’est plus suffisant à leur nourriture. Alors,nécessairement , leur grossissement commence à seralentir, et diminue ensuite progressivement ; car,supposons les brins d’un taillis de l’âge de trente ansà la distance moyenne de sept pieds entre eux ; sup-posons-leur trente pieds d’élévation et sept pouces etdemi de diamètre, à raison de neuf lignes de grossis-sement moyen par année , on conçoit qu’ils seraientdéjà trop rapprochés pour ne pas se nuire récipro-quement , et pour que ceux d’entre eux qui se trou-veraient d’un tempérament plus fort, ne finissent pasà la longue par étouffer les plus faibles ; et c’est ainsi
3 ue s’établissent la plupart des futaies dans les cantonse réserve. Mais ces futaies seraient incomparablement
avec adresse pour plisser les buissons de clôture , c’est-à-dire , pour lestailler , les rétrécir et les plier ; lorsqu’ils se voyaient gênés , ils em-ployaient la goyarde , autre serpe plus petite et qui n’a qu’une poignée.Rarement se servaient-ils du haclion et de la hache. Quelquefois ils fai-saient. usage du croissant , espece de faucille armce d’un long manche »lorsqu’il était question d’abattre par un coup scc , et assené de bas enhaut , une branche nuisible sur un brin à conserver. Les outils doiventêtre abondaus et bien alïilcs , sans quoi l’ouyiage languit.